Liberté de la presse : les professionnels des médias appellent à l’amélioration de leurs conditions de travail

Samedi 9 Mai 2026 - 15:45

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L’Union des professionnels de la presse du Congo (UPPC) a célébré en différé, le 8 mai à Brazzaville, en partenariat avec Journalisme et éthique (JEC), la 33e édition de la Journée internationale de la liberté de la presse sur le thème « Façonner un avenir en paix ». Tout en commémorant cette journée dédiée à la promotion des libertés fondamentales du métier de journaliste, les chevaliers du micro et de la plume en ont profité pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la précarité persistante des médias congolais.

 

La Journée internationale de la liberté de la presse devait être célébrée au Congo avec la satisfaction de se voir au 68e rang des pays au monde où la liberté de la presse est la mieux prospère. Mais la réalité sociale du domaine a rattrapé les discours officiels de la cérémonie, à savoir des conditions d’exercice de la profession extrêmement difficiles.

Le constat sur cette situation a été dressé par le directeur exécutif du JEC, Arsène Severin, en présence des représentants des institutions chargées de promouvoir un environnement médiatique diversifié, notamment le président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Médard Milandou Nsonga; du directeur de cabinet du ministre de la Communication et des Médias, Antoine Oviebo; et de nombreux professionnels de l’information. « La liberté de la presse ne peut être garantie sans indépendance économique et sans protection effective des journalistes », a-t-il assuré.

Dans ses propos, Arsène Severin constate que de nombreux organes de presse évoluent actuellement dans des conditions précaires, avec des journalistes faiblement ou presque pas rémunérés, parfois sans contrat de travail, sans protection sociale et sans garantie minimale d'exercice professionnel. Cette précarité entraîne la disparition des conférences de rédaction et des formations continues dans plusieurs médias. « Notre métier, ainsi lié à l’argent, n’as plus d’avenir », a alerté le directeur exécutif du JEC.

De plus, à cette vulnérabilité, s’ajoute l’invasion de l’espace médiatique par « des amateurs de gain facile » que fustige le président de UPPC, Jean Charles Maniongui. Il a dénoncé ces intrus qui tireraient le métier vers le bas, rendant la régulation et la promotion d’un journalisme de qualité impossible.

L’espoir sur le nouveau Fonds d’appui

Face à ce tableau sombre, les deux organisations placent de nouveau leurs espoirs sur le Fonds d’appui aux organes de presse, créé en 2025 par le gouvernement, en remplacement de la redevance audiovisuelle qui « en 23 ans de collecte d’argent auprès des abonnés d’électricité n’a produit aucun effet ». Elles appellent, d’ailleurs, à la mise en place immédiate de ce dispositif de soutien.

Loin d’être de simples observateurs, le ministère de la Communication et le Conseil supérieur de la liberté de communication ont tenu à saluer l’initiative démocratique des organisateurs. Si l’un appelle à enclencher une dynamique qui est la condition de possibilité pour permettre aux journalistes d’assurer pleinement leur rôle de vecteur de cohésion sociale, l’autre reste disponible pour une co-régulation avec les associations.

 

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

Des représentants des institutions et des organes des médias /Adiac

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