Lutte contre la cybercriminalité : le Dr Hajiri Mouna parle d’une similitude entre les législations tunisienne et congolaise

Mardi 19 Mai 2026 - 11:31

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Invitée d’honneur des associations Solidarité féminine (SF) et Ebène femme et développement (EFD) lors de la conférence-débat organisée le 9 mai à Brazzaville sur thème « L’impact du numérique dans la construction identitaire féminine », le docteur en intelligence économique et consultant en gouvernance institutionnelle et management des organisations, la Tunisienne Hajiri Mouna, a apprécié le cadre juridique congolais qui est similaire à celui de son pays.

Co-animée par le Pr Brice Arsène Mankou et le magistrat Viclaire Fred Murphy Semo Miekountima, la causerie-débat a mis en haleine les participantes. Se félicitant de la qualité des exposés, le Dr Hajiri Mouna n’a pas caché sa satisfaction. Selon elle, ce qui se passe en Tunisie actuellement n'est pas trop différent de la réalité congolaise. C'est pratiquement la même chose partout sur le continent africain où il y a le côté positif et le côté négatif.

« Je suis vraiment heureuse d'avoir appris des points en commun. En Tunisie, nous avons un cadre législatif sur la cybercriminalité et une loi aussi sur la protection des données à caractère personnel. Mais avec une anecdote, nous avons vu l'apparition d'une autre loi : filmer en plein public devient interdit. On ne peut pas filmer en plein public… Et c'est malheureux, lorsqu’il y a des accidents avec des morts, certaines personnes commencent à filmer. Ce qui n’est pas bien », a-t-elle déploré.

Une réalité qui n’est pas loin du Congo où au lieu de secourir les victimes des incendies ou des accidents, des gens se mettent à filmer pour diffuser les images sur les réseaux sociaux. Heureusement que cela est désormais proscrit en Tunisie.

Coordonnatrice stratégique et scientifique de l'Observatoire africain de l’inclusion féminine dans les institutions et les Etats (OAIFIE), elle a également fait un pont entre l'identité numérique, l'intelligence économique et territoriale. « Ce qu'on peut dire de l'intelligence territoriale, c'est comment exploiter les ressources, les informations, le capital territorial pour promouvoir et faire le marketing territorial », a-t-elle expliqué.

Hajiri Mouna a appelé, par ailleurs, à l'importance de la présence féminine. Insistant sur la responsabilité de la gent féminine, elle a invité les femmes africaines à s'approprier pleinement l'air digital. « Nous devons développer une véritable intelligence territoriale, sensible au genre. Cela signifie créer des écosystèmes pour le mentorat, pour les formations. Nous avons beaucoup de cours pour les ingénieurs, l'éthique, la bonne communication, la préservation des données à caractère personnel. J’ai fait, par exemple, appel à l'expérience de l'Union tunisienne de solidarité sociale pour monter des télécentres dans les lieux ruraux, parce qu'il n'y a pas l'égalité des chances pour les femmes rurales qui n'ont pas toutes l'accès à des smartphones », a-t-elle partagé.

Parlant de l’OAIFIE, elle a rappelé que cette organisation panafricaine dispose de beaucoup de programmes, de mentorats, de formations pour toutes les femmes, qu’elles soient parlementaires, issues du secteur informel ou formel. Ces formations sont relatives à l'utilisation des outils numériques afin de les aider à s'introduire mieux au niveau digital. « Il faut vraiment penser avant de parler de tout ce qui est technologique, voir comment instaurer et faire un écosystème qui est déjà basé sur l'égalité des chances et l'accès pour tout le monde pour ce type de technologie », a concédé le Dr Hajiri Mouna.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Le Dr Hajiri Mouna à droite du Pr Brice Arsène Mankou posant avec les organisatrices /Adiac

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