Marchés financiers : faibles effets des notations des agences internationales sur l’économie

Mercredi 18 Décembre 2013 - 16:20

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L’équipe d’experts en macroéconomie de la Banque mondiale (BM) a relativisé l'implication sur le développement économique de la RDC de l’attribution de deux mauvaises notes par Moody’s et Standard and Poor’s en novembre et décembre 2013, mais elle convient que celles-ci correspondent globalement à la situation financière du pays.

Selon l'équipe d'économistes internationaux de la BM, ces notations indiquent le prix auquel le pays doit payer sa dette. À cet effet, elles fonctionnent selon un principe simple. Tout banquier fait sa petite enquête sur le client qui vient s’endetter pour évaluer sa capacité à rembourser. En cas de résultat négatif, c’est-à-dire le constat de l’impossibilité du client d'honorer ses engagements, le banquier ne prête pas son argent. « Dans un autre cas de figure, il prête de l’argent à un taux très élevé pour couvrir ses risques », a expliqué le directeur du département macroéconomie de la BM, Albert Zeufack. Les notations des agences internationales permettent ainsi de fixer le taux auquel il faut prêter de l’argent à ce pays. D’autres institutions financières ont mis sur pied leur service de notation des entreprises et des pays.

Plusieurs paramètres influent directement sur la détermination du taux de remboursement. Parmi eux, l’on cite la performance macroéconomique et la bonne gouvernance. Ensemble, les deux paramètres peuvent à n’en point douter influencer les notes de ces institutions et contribuer à la fixation des taux favorables. Moody’s et Standard and Poor’s font partie des premières agences de notation financière qui opèrent, contre rémunération, à la demande des entreprises et des États. Pour la RDC, il y a des points importants qui méritent d’être soulevés.

En effet, ces notes sont attribuées à la RDC suite à une demande du gouvernement désireux d’obtenir de ces agences américaines à renommée internationale une évaluation de sa solidité financière et sa capacité à rembourser ses dettes. Mais il faut rappeler que la RDC a atteint le point d’achèvement de l’Initiative Pays pauvre très endetté (PPTE), obtenant par la même occasion l’annulation de 12 milliards de dollars américains. Il s’agissait à l'époque de l’annulation la plus importante enregistrée pour tous les pays participants à l’Initiative PPTE. La RDC a pu ainsi baisser considérablement son taux d’endettement. « La BM suit désormais avec beaucoup d’attention la situation d’endettement du pays, pour éviter de revenir sur un endettement massif ».

Les notations de ces agences sont orientées essentiellement sur la situation financière du pays. Il se dégage que l’endettement de la RDC n’est pas lourd, soit 35% du PIB. « Généralement, quand on analyse cette question de notification des agences, il faut voir un certain nombre d'éléments, notamment la croissance économique (le taux est très élevé en RDC), le taux d’endettement (concessionnel en RDC), etc. Il est vrai que la RDC n’a pas le triple A, d’ailleurs beaucoup de pays développés ont perdu un A. Les cas de la France et des États-Unis. La notation octroyée à la RDC n’est pas en soi mauvaise ». Toutefois, elles ne sont pas bonnes non plus, a-t-il renchéri, mais elles se rapprochent davantage de la réalité du pays.

Laurent Essolomwa