Processus REDD+ : la RPDH plaide en faveur du renforcement de l’intégrité dans la gouvernance

Mercredi 2 Décembre 2020 - 18:00

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Cette sollicitation est formulée dans son rapport publié le 30 novembre sur l’évaluation des risques de corruption dans le processus de réduction des émissions liés à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) en République du Congo. C’était au cours d’une conférence de presse animée par le coordonnateur national de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme, Christian Monzéo, à son siège à l’OCH Pointe-Noire.

En effet, quatre conférenciers ont tour à tour présenté les résultats de l'étude qui a portée sur l'évaluation des risques de corruption du mécanisme REDD+ aux communautés locales et populations autochtones (CLPA). L’objectif étant d'accompagner la République du Congo dans la réussite de ce processus. Cette étude qui était lancée en 2008 est l’un des résultats du projet ‘‘ Intégrité dans les initiatives comme REDD+ ’’, projet financé par l’Agence française de développement et qui s’inscrit dans l’objectif  d’améliorer les défis en matière d’intégrité dans le REDD+ et plus généralement dans l’amélioration de la gouvernance forestière et du développement durable.

Expliquant le contexte, Christian Mounzéo a souligné que dans sa politique de lutte contre les changements climatiques, les autorités congolaises ont accompli certaines réformes en vue d’améliorer la gouvernance forestière, parmi lesquelles, la modification de sa législation forestière en 2000 avec la promulgation de la loi n°16-2000, la signature du traité COMIFAC au niveau sous régional en 2006 et son engagement en 2008 dans le processus REDD+. La stratégie nationale est d’ailleurs, en cours d’adoption et le pays se trouve actuellement en transition entre la phase de préparation et la phase d’investissement.

Mais, d’après le travail de terrain réalisé par la RPDH et ses partenaires, il ressort que les parties prenantes impliquées dans le processus REDD+ sont confrontées à diverses difficultés organisationnelles lorsqu’il s’agit d’accentuer leur impact et de le maintenir, en lien notamment, à la gouvernance, la communication et l’information, le financement et les ressources humaines, a souligné Christian Mounzéo. Ce qui signifie que ce secteur n’est pas à l’abri des risques de corruption malgré les actions posées par les autorités gouvernementales. « C’est autant dire que, les fonds destinés à la mise en œuvre de la REDD+ pourraient ne pas échapper à la corruption et ce fléau risque de mettre à mal les avantages  que le mécanisme REDD+ peut apporter c’est-à-dire, la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et des populations autochtones (CLPA) »., a-t-il dit. Aussi, : « Compte-tenu de l’importance des ressources financières dont le pays entend bénéficier dans le cadre du financement de son plan d’investissement REDD+, il parait crucial de renforcer l’intégrité dans la gouvernance de ce processus », peut-on lire dans ce rapport.

Pour ce faire, l’ONG a formulé quelques recommandations: au gouvernement d’améliorer la gouvernance publique et démocratique à travers ce processus afin de permettre aux parties prenantes de s’impliquer davantage dans la prise de décision. À la coordination nationale REDD+ de modifier la manière dont le processus est géré en effectuant un changement radical qui privilégie une forte participation des parties prenantes dans tout le processus et particulièrement les CLPA à long terme.

Elle demande aux partenaires internationaux impliqués dans le financement de la REDD, de soutenir les initiatives des organisations de la société civile en matière de gouvernance forestière et climatique et d'intéresser les pouvoirs publics à respecter leurs obligations de transparence dans lutte anti-corruption à travers des réformes juridiques et institutionnelles en vue de combler les lacunes principales dans la gestion participative des ressources naturelles.

Cependant, la société civile doit élaborer de manière proactive des stratégies de plaidoyer pour la mise en œuvre effective des engagements.

Soulignant que, Nina Kiyindou, membre de l’OCDH, a exposé sur la mise à jour des actions de plaidoyer menées dans le cadre de la gouvernance forestière, notamment l’aboutissement de la loi sur le nouveau code forestier et climatique, projet intégrité et l’aboutissement du plaidoyer des acteurs de la société civile sur les textes d’application de la loi portant protection des peuples autochtones.

Notons qu’Abdoulaye Sy et Fabrice Kimpoutou, membres de la RPDH ont également exposé sur les risques de corruption dans la gouvernance forestière et climatique.

Charlem Léa Itoua

Légendes et crédits photo : 

photo de famille des participants/Adiac

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