Regain de tensions au Sahara occidental : Félix Tshisekedi prend position en faveur du Maroc

Lundi 30 Novembre 2020 - 18:03

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Dans une lettre adressée au roi Mohammed VI, indique saharanews.org, le président de la RDC, qui a mis en avant les relations amicales entre les deux pays, a qualifié « d’inacceptable » la situation qui a prévalu dans la zone d’El Guerguarat à la suite de la pénétration des milices du « Front ¨Polisario » dans cette zone.  

Le président Tshisekedi, indique moroccoworldnews.com, a qualifié d’inacceptable le blocage du passage frontalier de Guerguerat par les milices du Front Polisario soutenues par l’Algérie. La RDC, indique-t-on, rejoint une longue liste de pays africains qui se sont exprimés en faveur des efforts du Maroc pour rétablir la libre circulation des biens et des personnes. Le président de la RDC a ajouté qu’il partageait l’opinion de la communauté internationale selon laquelle l’ONU «fera tout son possible pour remédier rapidement et définitivement à cette situation» dans la zone tampon.

Félix Antoine Tshisekedi, explique-t-on, a rappelé que le roi Mohammed VI avait renvoyé la question au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres , avant que le Maroc ne prenne des mesures pour sécuriser Guerguerat. Le président congolais a affirmé la nécessité de respecter la zone tampon surveillée par l'ONU où, dit-on, les éléments du Polisario, soutenus par des milices armées, ont bloqué le trafic entre le Maroc et la Mauritanie pendant plus de trois semaines. Félix Tshisekedi a également invoqué la «préservation de la dignité des Marocains». En dehors de la RDC, les autres pays qui se sont exprimés en faveur du Maroc sont le Gabon, les Comores, Djibouti, la République centrafricaine, Saô-Tomé et Principe, l’Egypte, E-swatini, la Gambie, la Guinée équatoriale, la Somalie, la Guinée Bissau, la Gambie, le Bénin, le Tchad, le Sénégal, le Liberia, le Malawi, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire,

Futur président de l’Union africaine

Félix Antoine Tshisekedi assumera en 2021 la présidence tournante de l’Union africaine (UA), en remplacement du président Sud-africain Cyril Ramaphosa. Il va ainsi hériter d’un poste qui l'autorise à diriger pendant une année la troïka africaine sur la question du Sahara occidental, l’un des sujets les plus épineux au sein de l’Union africaine. Cette dernière est la seule organisation où sont simultanément membres le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La troïka africaine sur la question du Sahara occidental a été mise en place lors du 31e sommet de l’UA tenu à Nouakchott les 1er et 2 juillet 2018. Cette troïka  est composée du président en exercice de l’UA, de son prédécesseur et de son successeur.

Le Sahara occidental est membre de l’UA depuis 1984, tandis que le Maroc a réintégré l’UA, lors du 28e sommet de l’organisation panafricaine, tenu à Addis Abeba du 30 et 31 janvier 2017. C’est en  1984, lorsque vingt-six des cinquante États membres de l’UA ont admis la RASD au sein de l’UA, que le Maroc avait décidé de quitter cette organisation et des affrontements armés ont eu lieu jusqu’en 1992. L’Algérie est le principal soutien de la RASD et dirige, depuis 20 ans, le stratégique « Conseil de paix et de sécurité »,  l’organe décisionnel permanent de l’UA pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. La force des Nations unies Minurso est présente au RASD depuis 1991, avec pour mandat de surveiller le cessez-le-feu, de vérifier le départ des troupes marocaines et initialement d’organiser un référendum. L’UA est ainsi au cœur d’une bataille juridique et diplomatique sur la question.

Vaste étendue désertique de 266.000 km2 bordant la côte Atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut postcolonial n'a pas été réglé. Depuis le départ de la puissance coloniale espagnole en 1975, le Maroc a pris le contrôle des deux tiers du Sahara occidental qu'il considère comme partie intégrante du royaume. Soutenu par l'Algérie, le Polisario en contrôle l'autre tiers. Le Maroc propose une autonomie du Sahara occidental sous sa souveraineté tandis que le Front Polisario exige un référendum d'autodétermination, prévu par l'accord de cessez-le-feu de 1991 et jamais mis en œuvre.

 

Patrick Ndungidi

Légendes et crédits photo : 

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi

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