Renouveau du CFCO : l'entreprise sur une bonne perspectiveVendredi 12 Juin 2026 - 10:36 Le nouveau ministre des Transports, de la Marine marchande et de l’Aviation civile, Josué Rodrigue Ngouonimba, a récemment tenu une réunion à Pointe-Noire avec la direction générale, les cadres et partenaires sociaux du Chemin de fer Congo océan (CFCO). Il a assuré que cette entreprise qui traverse un moment de crise est actuellement sur une bonne perspective avant d'aller constater sur le terrain l’état de ses infrastructures et de son matériel.
En effet, autrefois considéré comme l’épine dorsale de l’économie congolaise, le CFCO connaît depuis plusieurs années de graves problèmes de gestion dont elle peine à s’en sortir. Dans la perspective d’un renouveau dynamique, le gouvernement a mis en place, en janvier dernier, une nouvelle équipe dirigeante, avec à sa tête Jean-Bedel Tity Lomouel, directeur général, secondé par Jésus Providence Niazaire, directeur général adjoint, et un Conseil d’administration présidé par Félicité Célestine Omporo Enouany. Entreprise stratégique pour la République du Congo, le CFCO est confronté à des difficultés structurelles et conjoncturelles, des problèmes récurrents qui, selon son directeur général, l’empêchent de se remettre sur les rails. Il s’agit de la dégradation de la voie et des installations, du vieillissement et de l’obsolescence de son parc (Locomotives et wagons) avec pour corollaire des résultats financiers négatifs : dettes énormes et chiffre d’affaires faible, entraînant ainsi des retards de salaires (Impayés de 24 milliards 949 millions de FCFA correspondant à 43 mois et demi). De ce fait, la nouvelle direction s’est fixée comme priorités rétablir la confiance du personnel par la régularisation des rémunérations; remettre en état le parc du matériel moteur et remorque à travers l’acquisition de pièces de rechange… Il est essentiel de rappeler que le gouvernement a conclu avec un partenaire chinois la réhabilitation et la modernisation du CFCO, partant du port de Pointe-Noire à celui de Brazzaville en prenant en compte l’ancien tracé. Réconcilier la population avec le CFCO par la relance des trains « Gazelle » et « Mbinda » Lors de sa première prise de contact avec la direction générale du CFCO, les 5 et 6 mai à Brazzaville, Josué Rodrigue Ngouonimba avait présenté sa vision de cette entreprise et confié sa ferme volonté de la réconcilier avec la population congolaise par la relance des trains « Gazelle » et « Mbinda » ainsi que la sécurisation des passages à niveau. Des orientations ont été données à la nouvelle équipe. « Je m’emploie, avec la contribution du directeur général adjoint et des 1600 cheminotes et cheminots, à mettre en œuvre vos hautes orientations qui sont alignées sur le projet de société du président de la République intitulé "Accélérons la marche vers le développement"», a indiqué Jean-Bedel Tity Lomouel, lors de la rencontre à Pointe-Noire. A l’issue cette réunion, le ministre a effectué une visite de terrain à la gare centrale pour constater l’état d’avancement du chantier de réhabilitation, et au Poste de contrôle des trains ainsi qu' aux ateliers du KM4 pour s’imprégner de l’état de détérioration des installations et des conditions de travail. D’après Jean-Bedel Tity Lomouel, actuellement le CFCO ne dispose que de six locomotives de ligne en circulation sur un parc total de quarante-trois, dix locomotives de manœuvre dont deux opérationnelles à ce jour, trente-sept wagons sont en exploitation sur un total de 975 au parc. Faute de ressources financières, l’entreprise ne parvient pas à mettre en service quatre locomotives de manœuvre acquises auprès de la STE John Cockrill. Dans son parcours, le ministre a aussi visité le centre de santé quasiment vétuste ainsi que le centre de formation du CFCO totalement abandonné, avec son vieux matériel, mais qui a le mérite d’avoir formé plusieurs cadres dont l’actuel directeur du matériel et son adjoint. Comme l’a souligné Jésus Providence Niazaire, répondant aux Dépêches de Brazzaville lors de la visite du ministre, « il y a aussi l’absence de formation, le manque de stratégie commerciale prenant en compte les flux entrant au Port autonome de Pointe-Noire, mais également la perte alarmante de compétences spécifiques dans plusieurs catégories de personnel induite par le départ à la retraite des anciens et aussi par le recrutement insuffisant et inadapté à l’évolution des besoins». Le CFCO dans une bonne perspective Malgré les difficultés, quelques signaux indiquent la possibilité d’une amélioration de la situation du CFCO. « Sous l’impulsion de la tutelle, le CFCO a élaboré un plan de sortie de crise avec la participation des partenaires sociaux du ministère en charge du Portefeuille, du ministère en charge des Transports, approuvé par la délibération du 26 mai 2025 du Conseil d’administration. Ce plan comprend trente-deux mesures dont la mise en œuvre nécessite des ressources financières pour la quasi-totalité », a informé Jean-Bedel Tity Lomouel. Par ailleurs, l'Etat détient des créances d’un montant de 54 milliards FCFA auprès du CFCO qui sollicite le concours du ministre de tutelle auprès de son collègue des Finances aux fins du paiement de ses ressources. Autre fait positif, c’est la signature du protocole d’accord portant trêve sociale signé entre la direction générale et les partenaires sociaux. En outre, se montrant optimiste et pragmatique quant au renouveau dynamique du CFCO, le ministre a annoncé l’élaboration d’un cahier de charges, une mission qu’il entend réaliser avec tous les acteurs de cette entreprise. Pour lui, le CFCO se trouve dans une bonne perspective puisque l’Etat a consenti de faire des grands travaux de réhabilitation et de modernisation de cet outil avec l’appui des partenaires chinois. « Avec toute la résilience dont vous avez fait preuve, nous comptons sur votre professionnalisme pour réussir cette mission qui nous a été confiée par le président de la République. Sur son instruction et celle du Premier ministre, nous allons ensemble définir une feuille de route pour aborder ces questions. Je voudrais vous rassurer qu’ensemble nous allons trouver une bonne solution », a-t-il estimé. Il faut dire que les défis à relever pour le renouveau du CFCO sont nombreux. Avec le soutien des plus hautes autorités du pays, la nouvelle direction a la lourde mission d’impulser une dynamique de modernisation, d’améliorer la qualité du service ferroviaire, de redonner au CFCO sa place dans la chaîne des transports multimodale, et de mieux contribuer au développement économique du Congo afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle de pays de transit. Les Ponténégrins ont salué la visite du ministre et son desir de voir les trains "Gazelle" et "Mbinda" se remettre sur les rails. «Le voyage en train nous manque énormement. Nous souhaitons que nos enfants découvrent aussi le plaisir de voyager en train. Relancer les trains "Gazelle" et "Mbinda" permettra au CFCO, aux differentes gares et à leurs localités de revivre», a estimé l'un d'eux. Lucie Prisca Condhet N’Zinga Légendes et crédits photo :1-La photo de famille lors de la rencontre avec le ministre Josué Rodrigue Ngouonimba au CFCO /DR
2-Le ministre Josué Rodrigue Ngouonimba, en gilet rouge-jaune, pendant la visite de terrain / DR Notification:Non |


Suite à sa prise de fonction à la tête du département des Transports, Josué Rodrigue Ngouonimba a effectué son premier séjour de travail à Pointe-Noire, du 18 au 22 mai dernier. Sa rencontre avec la direction générale, les cadres et partenaires sociaux du CFCO, le 20 mai, a porté sur la situation de crise que traverse cette entreprise et sur les initiatives visant à lui redonner un nouvel élan. 









