Santé publique: un sommet décisif tenu à Accra

Mercredi 22 Juillet 2026 - 12:20

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Au-delà des objectifs de santé publique, le sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) organisé les 21 et 22 juillet à Accra, au Ghana, marque une nouvelle étape dans la quête d’autonomie stratégique du continent. Entre lutte contre le VIH/sida, réduction de la mortalité maternelle et réforme du financement des systèmes de santé, l’Afrique entend transformer une urgence sanitaire en enjeu de souveraineté.

Les chefs d'État et de gouvernement, ministres de la Santé et partenaires internationaux se sont réunis à Accra, dans le cadre d'un sommet extraordinaire de l'UA consacré à l'avenir des politiques sanitaires du continent. L'ambition est claire : accélérer les progrès pour mettre fin au sida comme menace de santé publique d'ici à 2030, réduire les décès maternels évitables et renforcer des systèmes de santé capables de faire face aux futures crises. « Cette réunion est notre chance de tracer la voie de l'engagement à l'action », a déclaré le président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf. Il a appelé les dirigeants africains à agir « pour les mères que nous devons sauver, les maladies que nous devons vaincre et les systèmes que nous devons bâtir ». Mais derrière les objectifs sanitaires se dessine un enjeu beaucoup plus stratégique. Depuis les leçons tirées de la pandémie de covid-19, la santé est devenue un facteur de sécurité nationale, de stabilité économique et de compétitivité.

La dépendance de nombreux États africains aux financements extérieurs, aux importations de médicaments et aux chaînes d'approvisionnement internationales a révélé les fragilités structurelles du continent. Le choix du Ghana pour accueillir ce sommet n'est pas anodin. Sous l'impulsion du président John Dramani Mahama, Accra fait de la souveraineté sanitaire un pilier de sa politique publique. Cette stratégie vise à renforcer les capacités africaines de production pharmaceutique, à développer les industries locales de vaccins et à accroître les financements domestiques consacrés à la santé afin de réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux. Cette orientation s'inscrit dans une dynamique engagée depuis 2025. Après avoir accueilli le premier sommet africain sur la souveraineté sanitaire, en présence du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Ghana s'est imposé comme l'un des principaux promoteurs d'une approche intégrant santé, développement industriel et résilience économique.

Le caractère extraordinaire de cette réunion souligne l'importance politique accordée à ces questions par l'UA. Au-delà des engagements techniques, les dirigeants africains devront réfléchir à un nouveau modèle de gouvernance sanitaire fondé sur l'innovation, les partenariats régionaux, la recherche scientifique et une mobilisation accrue des ressources nationales. Dans un contexte marqué par la diminution de certaines aides internationales et par la multiplication des crises sanitaires, climatiques et sécuritaires, Accra pourrait marquer un tournant. Plus qu'un sommet sur la santé, cette rencontre traduit la volonté de l'Afrique de faire de la souveraineté sanitaire un levier de puissance, de résilience et d'intégration continentale, au service de l'Agenda 2063 de l'UA.

 

Noël Ndong

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