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Si l’on observe bien …

Samedi 25 Novembre 2023 - 18:27

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Oui, si l’on observe bien ce qui se passe et ce qui se dit dans le moment présent sur la vaste scène du théâtre mondial, il apparaît clairement que l’Afrique s’impose lentement mais sûrement comme l’un des principaux acteurs de ce temps et que, de ce fait, elle devient un partenaire incontournable auquel tous les Grands de ce monde prêtent désormais la plus forte attention. Porteuse de multiples avantages, tout particulièrement dans le domaine économique et financier, cette émergence très stratégique fait aussi planer sur le continent dans son ensemble une menace diffuse mais bien réelle dont l’objectif souterrain est de procéder à une forme de recolonisation qui ne dit pas son nom.

Pour la Chine comme pour l’Europe, la Russie, l’Inde, les Etats-Unis, le continent devient, en effet, un partenaire incontournable en raison de son ampleur démographique, de l’immensité et de la richesse de ses ressources naturelles, de la place géographique qu’il occupe au cœur des deux hémisphères du globe,  mais aussi et surtout en raison de l’ampleur des besoins que génère  sa longue, très longue marche vers le développement durable. Bref, en raison de l’immense capital humain et matériel que l’Afrique détient mais qu’elle n’a pas encore réellement exploité.

Pour dire la vérité de façon plus brutale, ce à quoi nous assistons dans le moment présent et que personne n’ose encore reconnaître publiquement est une forme de « guerre froide » entre les Puissants de ce siècle qui nous ramène plusieurs décennies en arrière. Avec au cœur de ce combat le contrôle direct ou indirect des immenses gisements de matières premières que détient le continent mais dont l’exploitation commande pour une très large part le sort des grandes entreprises qui les exploitent ou les font exploiter.

Dans ce contexte qui n’a rien de nouveau ni d’étonnant, il apparaît clairement que la seule action capable de garantir l’indépendance des peuples et des gouvernements du continent, tout en assurant la poursuite de leur développement sur tous les plans, est la coordination de leur politique extérieure. Une coordination qui ne peut se faire concrètement que par le renforcement des communautés dites « sous-régionales », c’est-à-dire le développement des différentes unions qui quadrillent le continent.

Dans le temps très particulier que nous vivons où les Grands se lancent dans des compétitions stratégiques dont le pire peut sortir à plus ou moins court terme, rien, en vérité, n’est plus important pour l’Afrique dans son ensemble que la coordination des actions menées par ses dirigeants afin d’accélérer son émergence sur la scène mondiale.

Affaire à suivre donc de près, de très près dans les mois et les années à venir !

Jean-Paul Pigasse

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