Sommet Afrique-France : l’événement délocalisé à Montpellier

Mardi 1 Décembre 2020 - 12:00

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Initialement prévu en juin 2020 à Bordeaux, le 28e sommet Afrique-France se tiendra à Montpellier en juillet prochain.

Sur le thème de la ville et des territoires durables, cette grand-messe ne se tiendra pas dans la capitale girondine. Le président français Emmanuel Macron l’a annoncé au détour d’une phrase, dans un entretien paru dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 20 novembre. Le sommet qui devait accueillir cinquante-quatre chefs d’Etat et des centaines d'entreprises françaises et africaines aura finalement lieu « en juillet 2021 à Montpellier ». Un choix que déplorent autant l’équipe du nouveau maire écologiste, Pierre Hurmic, que l’ancienne municipalité bordelaise.

La déception est d’autant plus forte que le projet se voulait ambitieux. La première mouture de l’événement, proposée par Emmanuel Macron à Alain Juppé avant son départ de Bordeaux pour le Conseil constitutionnel en février 2019, avait la particularité de mêler acteurs publics et privés. L’organisation tranchait avec celle des précédents raouts : un tiers des frais devait être pris en charge par l’Etat et les deux tiers restants financés par les partenaires, pour une enveloppe globale comprise entre 7 et 10 millions d’euros.

« Au total, 500 entreprises françaises et africaines avaient déjà signé. Les contributions avaient déjà été récoltées », précise une source proche du dossier. Selon ses promoteurs, le sommet aurait dû ainsi générer près de 3 millions d’euros de retombées économiques pour le territoire girondin. Mais la Covid-19 est venue bouleverser ces préparatifs en même temps que changeait, à Bordeaux, l’équipe municipale.

Pour faire face, l’Elysée a décidé de décaler et a choisi d’en repenser le format en mettant de côté le volet diplomatique pour se focaliser sur les sociétés civiles.

L’événement était d’ailleurs devenu une pomme de discorde entre la nouvelle municipalité et l’ancienne. Des débats houleux de politique locale ont opposé Pierre Hurmic et l’ancien adjoint chargé des partenariats avec l’Afrique et co-organisateur du sommet, Pierre De Gaétan Njikam Mouliom.

« Au cours des dernières semaines de discussion, nos échanges n’ont cessé d’être perturbés par des voix dissonantes ou des initiatives parallèles d’un membre de l’opposition municipale peu en phase avec les nouvelles orientations et peu enclin à renoncer à ses anciennes prérogatives », déplore le maire.

Interrogée sur sa décision de délocaliser le sommet, l’Elysée se défend d’avoir simplement voulu le reprogrammer dans l’Hérault. « La formule est profondément différente par rapport à ce qui était envisagé », insiste-t-on à l’Elysée. « Ce sera le premier sommet Afrique-France sans chefs d’Etat, exclusivement tourné vers la jeunesse et les acteurs qui portent la relation Afrique-France aujourd’hui, notamment dans les grands domaines évoqués par le président de la République dans son discours de Ouagadougou », explique la conseillère Afrique de l’Elysée.

Malgré les désaccords évoqués par la presse, cette dernière assure que, dans leurs échanges, Pierre Hurmic « était très réceptif ». Seulement, à Montpellier, « on a senti une vraie volonté, un enthousiasme à l’idée de s’investir dans des partenariats d’avenir avec le continent africain, notamment le monde de l’enseignement supérieur, de la recherche, l’innovation, l’entreprenariat », conclut-elle.

Josiane Mambou Loukoula

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