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Un quart d’humains en plus !

Lundi 18 Juillet 2022 - 13:05

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Un quart d’êtres humains de plus vivra sur notre Terre d’ici à la fin de ce siècle, ce qui fera franchir à la population mondiale le seuil de huit milliards : telle est l’information que l’Organisation des Nations unies a rendu publique la semaine dernière, lors de la Journée mondiale de la population, au terme d’une analyse scientifique menée des mois durant sur les cinq continents que compte notre planète. Avec cette précision qui mérite, chacun de nous en conviendra, la plus grande attention selon laquelle plus d’un humain sur quatre vivra en Afrique en 2050 et plus d’un sur trois au tout début des années 2100.

S’il fallait une preuve que le continent africain est appelé à jouer un rôle clé dans le devenir de l’espèce humaine, ces chiffres sont là pour l’apporter. Ceci d’autant plus que le continent joue dès à présent un rôle capital dans la lutte contre le dérèglement climatique qui nous  menace tous et que seule la protection de la nature permettra de combattre efficacement.

Sur la base de ce double constat qui est indiscutable parce que fondé sur les observations très précises effectuées sur les cinq continents, il ne fait plus aucun doute que l’Afrique va jouer, dans les décennies et le siècle à venir, un rôle capital dans la lutte que notre espèce animale se trouve forcée de mener alors même qu’elle a imposé, tout au long des derniers millénaires, sa domination sur les autres espèces que compte la Terre. Une évidence que la gouvernance mondiale va devoir prendre en compte, puis placer au cœur des actions qu’elle entreprendra si elle veut survivre au-delà du présent siècle dont nous vivons les premières décennies.

D’aucuns diront que les grandes puissances de l’hémisphère nord, qui dominent la sphère humaine, continueront certainement de refuser de prendre en compte cette réforme fondamentale et feront tout pour garder la prééminence que leur confère notamment le siège de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Sans doute, en effet, mais le poids de plus en plus lourd de l’Afrique dans la population humaine finira tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, par les contraindre à changer d’attitude.

Dans ce contexte que plus personne ne pourra ignorer au cours des sept décennies à venir et que, d’ailleurs, les grandes puissances comme la Chine, la Russie, l’Union européenne, l’Inde, les Etats-Unis prennent d’ores et déjà en compte, les gouvernants africains ont une carte majeure à jouer sur la table diplomatique mondiale. Mais ils n’y parviendront que s’ils font de l’Union africaine un puissant, très puissant levier institutionnel, ce qui n’est évidemment pas le cas dans le moment présent.

Réformer, restructurer, adapter les institutions de l’Union aux réalités des temps à venir est de façon évidente l’enjeu majeur des prochaines années. Avec, au centre de ces actions, la volonté d’obtenir enfin sur la scène mondiale la place que les deux milliards d’êtres humains qui vivront sur les territoires africains devront légitimement occuper dans la gouvernance planétaire.

Même si cela n’est pas encore évident, l’Afrique a entre les mains tout ce qu’il faut  pour s’imposer à bref délai  comme l’acteur incontournable de la gouvernance mondiale.

Jean -Paul Pigasse

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