Baccalauréat 2026: trois nouveaux admis autochtones accompagnés par l’ONG Espace Opoko

Mercredi 29 Juillet 2026 - 12:15

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Pour la neuvième année consécutive, l’organisation non gouvernementale (ONG) Espace Opoko que préside Averty Ndzoyi célèbre de nouveaux admis au baccalauréat parmi les enfants autochtones qu’elle accompagne. Pour la session de juin 2026, trois des quatre candidats présentés ont décroché leur diplôme, une performance qui confirme l’efficacité d’un modèle d’accompagnement construit patiemment depuis plus de douze ans. 

Romuald Atta, du village Béné Eniama, dans le district de Gamboma, département de Nkéni-Alima; Reine Batsimba, originaire d’Indo, dans le district de Sibiti, ddépartement de la Lékoumou; et Beauchancy Malouono Tsiba, originaire des districts de Bambama et Léfoutou, dans le département de la Lékoumou, sont les nouveaux bacheliers série A4 accompagnés par l’Espace Opoko. A travers ces trois nouveaux bacheliers autochtones, l’ONG confirme que la réussite scolaire des enfants autochtones est possible, s'ils sont pris en charge.

Au-delà de leur réussite personnelle, ces trois jeunes incarnent une évolution profonde. Car, il y a encore quelques années, voir un enfant autochtone accéder à l’université relevait presque de l’impossible. Aujourd’hui, chez Espace Opoko, l’annonce de nouveaux bacheliers est devenue un rendez-vous annuel. « Chaque année, nous accompagnons de nouveaux jeunes vers l’enseignement supérieur. Pour nous, ce n’est plus un exploit isolé, mais le résultat d’un accompagnement qui fonctionne », a expliqué Averty Ndzoyi, le président fondateur de cette ONG .

Parmi les nouveaux admis, le parcours de Romuald Atta revêt un caractère particulier. Originaire du village Béné Eniama, il devient le premier élève autochtone admis au baccalauréat au lycée Henri-Lopez de Gamboma, après plus de cinquante ans d’existence de cet établissement. Quelques années auparavant, Espace Opoko avait pris la responsabilité de lui louer une petite chambre à Gamboma afin de lui permettre de se rapprocher du lycée pour obtenir son baccalauréat et poursuivre les études universitaires.

Le parcours de Beauchancy Malouono Tsiba illustre, lui aussi, les effets d’un accompagnement de longue durée. Il fait partie des tout premiers enfants intégrés au programme d’Espace Opoko. Pendant toutes ses années de lycée, il a été hébergé à l’internat scolaire pour lycéens autochtones construit par cette ONG à  Sibiti, où il a pu étudier dans un environnement stable. Aujourd’hui, il rejoint à son tour l'université. Quant à Reine Batsimba, sa réussite confirme également les progrès réalisés en faveur de la scolarisation des jeunes filles autochtones, longtemps confrontées à des obstacles supplémentaires dans leur parcours scolaire.

Créér des conditions idoines pour l’enseignement des enfants autochtones

Pour Espace Opoko, ces résultats rappellent une réalité souvent ignorée : les enfants autochtones ne manquent ni d’intelligence ni de volonté. Ce qui leur fait défaut, ce sont les conditions nécessaires pour apprendre dans la durée. Lorsqu’ils bénéficient d’un suivi scolaire, d’un logement adapté, d’une alimentation suffisante et du matériel indispensable, ils obtiennent les mêmes résultats que les enfants bantous. 

Ces trois nouveaux bacheliers rejoindront prochainement les étudiants déjà accompagnés par Espace Opoko à Brazzaville. Mais cette nouvelle étape s’accompagne d’un défi majeur. L'ONG doit trouver les moyens supplémentaires pour louer d’autres appartements, les nourrir, les transporter et s’occuper des frais universitaires. A cet effet, elle lance un appel aux autorités congolaises afin qu’une réflexion soit engagée pour la mise à dispostion de bourses d’études destinées aux étudiants autochtones. Un tel accompagnement permettra à ces jeunes de poursuivre leurs études supérieures dans des conditions dignes et d’éviter que des parcours prometteurs ne s’interrompent par faute de moyens. L’organisation invite également les partenaires techniques et financiers, les fondations et les organismes internationaux à renforcer leur soutien à un programme qui a déjà largement fait ses preuves.

Les résultats obtenus ces dernières années parlent d’eux-mêmes. Quatre anciens bénéficiaires d’Espace Opoko occupent aujourd’hui des postes dans la fonction publique congolaise. Cette année, le programme a également vu ses deux premiers étudiants obtenir un diplôme d’ingénieur, une étape historique qui démontre que les enfants autochtones peuvent atteindre les plus hauts niveaux de qualification lorsque les obstacles qui freinent leur scolarité sont levés.

Avec 1 718 enfants actuellement accompagnés, de l’école primaire à l’université, Espace Opoko s’est progressivement imposée comme l’une des principales organisations engagées dans l’éducation des enfants autochtones en République du Congo. Pour ses responsables, ces trois nouveaux bacheliers ne sont pas une fin en soi, mais une preuve supplémentaire qu’investir dans l’éducation demeure le moyen le plus sûr de transformer durablement l’avenir des communautés autochtones.

Bruno Zéphirin Okokana

Légendes et crédits photo : 

1- Romuald Atta/ DR 2- Reine Batsimba/ DR 3- Beauchancy Malouono Tsiba/ DR

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