Diversification de l’économie : le pari de l'agriculture

Vendredi 14 Août 2026 - 18:15

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Le Congo importe encore une grande partie de ce qu’il consomme, malgré ses millions d’hectares de terres arables fertiles et son réseau hydrographique exceptionnel. Face à cette situation, le gouvernement entend accélérer le développement de l’agriculture et encourager l’émergence de nouvelles vocations dans le secteur. Retour sur les initiatives entreprises  pour favoriser l’essor de l’agriculture congolaise.

L'initiative la plus visible et la plus structurante de cette politique est la création des Zones agricoles protégées (ZAP). Initié en 2020, le projet a été conçu pour sécuriser le foncier et regrouper les forces de production ; elles se déploient sur toute l'étendue du territoire en commençant par les plaines d'Odziba (Inoni Plateau, Yono-Kiani) aux rives de Loukoléla (ZAP de Bolouaka), en passant par les districts de Ngo dans les Plateaux.  Plus d'une quinzaine de régions abritent désormais ces pôles emblématiques.

A travers le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, le gouvernement sélectionne des groupements et des coopératives de producteurs à qui il attribue des terres sécurisées. Ces structures y cultivent divers produits tels que le manioc, le maïs, la pastèque ou encore l'arachide.

Pour rendre l'agriculture attractive, l'État injecte d'importants moyens techniques pour faciliter l’accès aux intrants et l’appui en matériel aratoire. En effet, les coopératives engagées dans les ZAP bénéficient de tarifs préférentiels sur les engrais et les semences améliorées, ainsi que d'un suivi vétérinaire gratuit pour les élevages.

Prodivac : l'alliance financière avec les bailleurs

Pour soutenir cette transition à grande échelle, le gouvernement s'appuie sur le Projet de développement intégré des chaînes de valeur agricoles (Prodivac). Ce programme phare bénéficie du soutien de la Banque africaine de développement qui concentre plus de 90 % de ses investissements au Congo dans le secteur agricole.

Le Prodivac finance directement la structuration des filières stratégiques (Manioc, maïs, volaille, poisson), de la production jusqu'à la création de plateformes logistiques de stockage et de marchés de gros à Brazzaville et Pointe-Noire afin de stabiliser les prix pour les consommateurs urbains.

Parallèlement aux dispositifs de soutien à la production, la Grande foire agricole du Congo (Gfac) constitue un espace de visibilité et de mise en relation pour les acteurs du secteur. La deuxième édition, lancée depuis le 5 août  à Bambou-Mingali,  réunit  jusqu’au 20 de ce mois les représentants des quinze départements du pays autour de leurs productions, savoir-faire et initiatives.

Producteurs, transformateurs, coopératives et autres acteurs de la chaîne agricole y présentent leurs produits et échangent avec les consommateurs ainsi que les professionnels. Par ailleurs, la foire met en lumière les enjeux liés à la transformation locale, à la commercialisation et à l’accès aux marchés, qui restent déterminants pour renforcer la place de la production agricole nationale.

À travers ces politiques, le gouvernement cherche à atteindre le double objectif fixé par le Plan national de développement 2022-2026,  notamment garantir la  souveraineté alimentaire d'une part, et réduire le chômage des jeunes, d'autre part.

Sa réussite totale dépendra de la pérennisation de ces acquis et de la capacité à connecter efficacement ces bassins de production ruraux aux grands centres de consommation du pays, car face à l'inflation, les Congolais attendent que la politique des ZAP passe à l'échelle supérieure. Le gouvernement doit réussir à stabiliser les prix des denrées de base sur les marchés urbains en connectant enfin les bassins de production aux grandes villes. 

 

Durly Émilia Gankama

Légendes et crédits photo : 

Les vivres frais en vente à la Gfac / Adiac

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