Yémèyi dévoile son premier EP « La Femme-Homme »

Mercredi 7 Octobre 2026 - 21:41

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimable

La poétesse et slameuse congolaise Yémèyi, installée au Maroc, dévoilera le 9 octobre son premier EP, « La Femme-Homme », composé de six titres. À travers ce projet musical réalisé avec le pianiste, compositeur et beatmaker français Marc Bizzini, alias Tarko, l’artiste explore la liberté d’être soi, la maternité, les blessures et la possibilité d’aimer à nouveau.

Visuel Yémèni en concert au château de Saint OuenÀ la croisée de l’intime et du collectif, « La Femme-Homme » porte une parole qui interroge les rôles assignés aux femmes et les injonctions sociales et familiales. Yémèyi y évoque une femme qui se réapproprie sa voix, une mère qui apprivoise son corps et un être qui revendique le droit d’assumer sa complexité et ses contradictions.

Du morceau éponyme à « Kaké », l’EP (mini-album) dessine un parcours fait de questionnements et de renaissance. Dans « Alchimiste », l’artiste transforme le quotidien en matière poétique, tandis que « Par les temps qui courent » tente de faire une place à l’espoir dans un monde marqué par la violence. « Post-partum » aborde, pour sa part, les réalités de la maternité, alors que « Libunga » questionne la trahison ainsi que le poids des attentes sociales et familiales.

À travers ses textes, la poétesse et slameuse congolaise déconstruit les stéréotypes de genre et donne voix à des réalités souvent passées sous silence. Sa parole se veut tour à tour rageuse, tendre, frontale ou intime, mais reste profondément incarnée.

« Étant donné que je viens d'un milieu où la parole de la femme était taboue, j'ai voulu décortiquer les cases dans lesquelles on nous enferme », explique Yémèyi.

L’artiste présente son projet comme « six titres pour transformer les blessures en matière, les questionnements en mots et les mots en musique. Mon monde s’ouvre à vous ».

Si les mots occupent une place centrale dans cet EP, ils s’appuient sur un univers musical porté par Marc Bizzini. Le musicien français mêle groove urbain, swing, rythmes latins et références classiques.

Dans « Post-partum », une citation de Schubert vient notamment se glisser au détour d’un piano délicat, accompagnant un texte consacré aux réalités parfois idéalisées de la maternité.

Membre de Styl’oblique Congo, association de slameurs congolais, Yémèyi, qui signifie littéralement « elle-même », découvre le slam en 2009 à l’Institut français de la République du Congo.

Son parcours la conduit notamment à la participation au festival Étonnants Voyageurs en 2013 à Brazzaville, toujours dans la capitale congolaise, à la cérémonie de clôture des Jeux africains ainsi qu’au festival Mantsina sur scène en 2015.

Poétesse, slameuse, comédienne et performeuse, elle présente également « Le Silence déraillé » à l’Institut français de Rabat et obtient, en 2026, le deuxième prix du tournoi Slam Rabat.

Installée au Maroc, Yémèyi intervient par ailleurs dans des écoles et des associations pour promouvoir la visibilité des femmes artistes africaines, la liberté d’expression et le dialogue interculturel.

Dans le prolongement de la sortie de son premier EP, l’artiste est annoncée le jeudi 15 octobre au château de Saint-Ouen, en région parisienne, pour présenter son univers artistique au public.

 

 

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Visuel Yémèni en concert au château de Saint Ouen

Notification: 

Non