Santé : le Rwanda et la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique signent un accord de siège

Mardi 19 Décembre 2023 - 11:30

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Le Rwanda et la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique ont signé, le 18 décembre, un accord de siège pour la création d’un système de défense sanitaire en Afrique, incluant une industrie pharmaceutique de haute qualité dans le continent.

La cérémonie de signature a connu la participation active des représentants de l’Union africaine, des institutions financières ainsi que ceux de la Banque africaine de développement (BAD). Saluant cette initiative qu’il a qualifiée de louable, le président de la BAD,  Akinwumi Adesina, a souligné que le  président rwandais, Paul Kagamé, et son gouvernement ont montré leur sagesse pour avoir gracieusement accepté d'accueillir la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique. Car, il y a trois ans à peine que le monde était plongé dans l'une des pires pandémies mondiales, notamment la covid-19. Ce qui justifie le fait que  la différence entre les économies développées et les économies en développement soit flagrante, alors que les pays développés avaient accès à plusieurs doses de rappel du vaccin covid-19, alors que les pays africains n'étaient pas en mesure d'obtenir ne serait-ce qu'une injection de vaccin de base.

« La leçon est claire, l'Afrique ne doit plus confier la sécurité sanitaire d’environ un milliard d’Africains à la bienveillance d'autrui. C'est pourquoi, la BAD a lancé un programme de trois milliards de dollars pour des infrastructures de santé de qualité en Afrique », a déclaré son président. Il a ajouté que son institution vient de lancer un autre programme de trois milliards de dollars pour les sept prochaines années. Ceci, afin de développer l'industrie pharmaceutique en Afrique pour répondre aux besoins du continent en matière de médicaments essentiels et de vaccins. Ce point est important car l'Afrique importe 70 % de ses médicaments et ne produit que 1 % de ses vaccins.

L’Afrique a intérêt à produire ses propres médicaments

Evoquant la nécessité pour le continent à produire ses propres médicaments et vaccins, le président de la BAD a précisé que le succès dépendra du renforcement des capacités locales de fabrication de produits pharmaceutiques, de la garantie du transfert de technologies et de l'accès aux technologies, des procédés de fabrication et des systèmes protégés par des droits de propriété intellectuelle.

« Il est aussi important de créer des écosystèmes de recherche et de développement pharmaceutiques et biomédicaux capables de soutenir des industries pharmaceutiques locales de classe mondiale. C'est pour cette raison que la BAD a soutenu la création de la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique après son approbation par l'Union africaine », a-t-il ajouté. Il a spécifié que la Fondation assurera l'accès à la technologie, le transfert de technologies et la négociation de l'accès aux procédés de fabrication protégés par la propriété intellectuelle. Elle mettra en place l'écosystème nécessaire à la revitalisation du secteur industriel pharmaceutique local en Afrique.

«Ensemble, mettons les entreprises pharmaceutiques africaines sur un pied d'égalité et créons en Afrique des industries pharmaceutiques compétitives à l'échelle mondiale. Ensemble, nous pouvons y parvenir », a conclu le responsable de la BAD.

 Selon les initiateurs de cette stratégie, en dehors de ce document, la Fondation a également signé un protocole d’accord avec la Banque européenne d’investissement pour renforcer davantage la coopération. Et, le travail de la Fondation, qui bénéficiera d’un large soutien technique et financier à l’échelle mondiale et en Afrique, sera déterminant pour le secteur pharmaceutique africain. Il s'agit d’une initiative unique  visant à favoriser la collaboration entre les secteurs public et privé en Afrique, en Amérique du Nord, en Europe et dans le reste du monde en développement.  

« Le gouvernement rwandais a joué un rôle central en décidant d’accueillir la Fondation et en lui accordant le statut d’agence internationale », ont reconnu les initiateurs. Pour le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Vincent Biruta, il était important de combler le fossé qui sépare les pays africains des pays développés en matière de vaccins. Ainsi, pour combler cet écart, les Africains doivent continuer à investir dans la production pharmaceutique sur le continent et dans d'autres pays en développement. Car, la technologie et le transfert de connaissances sont essentiels. La nouvelle Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique aidera l’Afrique à accéder rapidement aux dernières avancées pharmaceutiques.

  

Rock Ngassakys

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