Congo. Accélération de la marche: sont-ils tous prêts?Mardi 19 Mai 2026 - 19:00 Dans cette avant-dernière séquence de notre dossier, découvrons ensemble onze nouvelles figures de l’équipe gouvernementale mise en place le 24 avril. En prime, la même question posée les 11 et 15 mai : sur le chemin de « l’accélération de la marche vers le développement », avec qui le président de la République entend-il traduire son offre électorale en actes concrets ?
Qu'est-ce que la sécurité sociale ? La réponse à cette question est donnée par la titulaire du poste dans le propos qu’elle a tenu le jour de sa prise de fonction, le 28 avril. Pour Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, il est impérieux d’ériger une digue « contre les chocs de la vie, la pauvreté, le chômage » et toutes les pénibilités qui s’en suivent. À deux reprises ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, puis ministre du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, avec un intérim additionnel aux Finances, pour la technicienne des dossiers qu'elle est, on peut dire au vu de cette entrée en matière que sa reconversion pour un secteur où la solidarité et la justice sociale sont la règle s’est faite sans a priori. Attendons de la voir à l’œuvre.
Par quel bout Josué Rodrigue Ngouonimba va-t-il prendre les rênes de son vaste département ministériel ? Les regards se tournent logiquement vers le rail. Le président de la République a comme on le sait inscrit la réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) sur la liste des priorités de son quinquennat. Si ce chantier démarre dans les délais, les jeunes en quête de débouchés trouveront de quoi s’occuper. Ne parlons pas de l’effet d’entraînement du CFCO sur l’économie congolaise. Dans le même ordre d’idées, ajoutons qu’un réseau routier rénové et bien entretenu, des lignes aériennes et maritimes mieux exploitées et débarrassées des prédations dénoncées plus ou moins clairement depuis toujours, peuvent apporter un ballon d'oxygène à la recette publique. Le nouveau patron des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande ne devra pas décevoir sur cet objectif.
Sur la liste de la jeune « garde » des ministres nommés en 2016, Aimé Ange Wilfrid Bininga est de ceux dont la continuité s'est bonifiée. D’abord ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État puis depuis lors Garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion des peuples autochtones, il officie dans un domaine où l’on ne tire que rarement satisfaction tant les questions touchant à la vie, à l’agir des êtres humains et à la rigueur de la loi sont complexes. Le tout est de veiller à ce que la balance ne penche pas d’un côté, là où elle devrait se tenir bien équilibrée. Et, bien sûr, faire en sorte que ceux et celles qui sont appelés à délibérer en matière de droit gardent en tête qu’ils rendent la justice pour l’intérêt général car l’État protecteur a beau être dur, il doit être infailliblement juste.
Commerce, Approvisionnements, Consommation. Le moins que l’on puisse dire est que nul ne se sent en sécurité si l’aliment qu’il achète dans un magasin de proximité pour garnir son assiette à l’heure du repas est de mauvaise qualité. En même temps, le périmètre de contrôle des denrées alimentaires vendues à la population dépasse les seuls marchés et commerces de la ville où l’on habite pour s'étendre aux frontalières. Les contrôles exercés lors des transactions frontalières permettent de lutter contre les produits illicites et de préserver la santé publique. Jacqueline Lydia Mikolo a promis de définir ses priorités dans le cadre de ses nouvelles fonctions ministérielles. En charge également de la Zone de libre-échange continentale africaine, elle notera en bonne place qu’à ce rendez-vous majeur de l’Afrique avec elle-même fixé à l’horizon 2030, le mérite en reviendra aux États dotés d’un sens aigu de la performance en matière de produits destinés à l’exportation. Mettons-nous au travail !
À l’international, dans ce que l’on peut appeler la diplomatie économique, la voix du Congo est conduite par Denis Christel Sassou N’Guesso. Le poste qu’il occupe est l’un des plus récents dans l’architecture gouvernementale du pays puisqu’il n’est créé qu’en mai 2021. C’est donc une expérience collective à bâtir dans un domaine où sa mission consiste, entre autres, à établir des contacts avec l’extérieur, attirer les investisseurs, appuyer l’expertise nationale, l’État devant engager les réformes nécessaires à l’amélioration du climat des affaires. La conclusion de partenariats public-privés est promordiale pour soutenir la diversification de l'économie. Les nombreux jalons posés ces dernières années méritent d’être consolidés au profit du Congo.
On aurait tort de penser qu’un ministère comme celui (re)confié à Honoré Sayi manquerait de quoi créer de la richesse. L’économie fluviale peut trouver dans l’activité des voies navigables et de la pêche d’indispensables ressorts de croissance. Le problème réside dans la qualité de la flotte qui exploite les voies d’eau, elles-mêmes exposées au manque d’entretien. Il n’empêche qu’au long de l’année, le trafic marchandise sur le fleuve Congo et ses affluents reste intense. Améliorer les conditions de navigation en investissant dans les moyens de transport fluvial appropriés peut faire gagner de l’argent à l’État, aux opérateurs privés et au petit commerçant. Difficile de revivre l’expérience de Chantier de construction navale dans les années 1970-1980 avec ses bateaux haut de gamme. Pourtant il y a suffisamment d’argent drainé par les eaux sur nos voies navigables. Alors, oui, investissons dans le fleuve !
Avons-nous les moyens de rivaliser avec les pays développés chez qui l’innovation technologique demeure un des moteurs de la croissance ? En mettons-nous assez dans la recherche scientifique pour en tirer la contrepartie attendue ? Ces questions ne sont pas posées pour alimenter le pessimisme autour du génie congolais. Non. Elles répondent à l’impératif de rentabiliser les expériences accumulées depuis des années grâce à la mobilisation des ressources financières et des acteurs voués corps et âmes à maintenir allumée la flamme du succès accompli dans des domaines-clés du progrès. On ne peut les citer toutes mais les structures comme l’Institut national de recherche forestière et le Centre de recherche sur la durabilité et la productivité des plantations industrielles jouent un rôle de premier plan aux côtés d’autres entités privées reconnues. Successivement ministre de l’Agriculture et de l’Elevage puis ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Rigobert Maboundou est revenu au gouvernement en 2025 après une éclipse de quelques années et de hauts postes auprès des Premiers ministres Clément Mouamba et Anatole Collinet Makosso. Il hérite désormais du ministère sur lequel le Congo fonde l’espoir de bâtir son développement.
L’actuelle ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire a quitté le département de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs. Le front culturel, elle y avait mis du sien à travers une série d’initiatives ayant contribué à la visibilité du Congo à l’extérieur quand elle assumait les fonctions de conseillère culturelle du président de la République. Nommée ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Marie-France Hélène Lydie Pongault se destine à être le témoin privilégié de l’assistance dont les familles en détresse ont en urgence besoin quand les contrevents de la nature et d’autres désastres agissent sans crier gare. Une mission pour laquelle le/la dépositaire doit avoir constamment le cœur sur la main.
L’or noir, ressource qui permet au Congo d’assurer l’essentiel de ses besoins de fonctionnement, est tombé entre les mains de Stev Simplice Onanga. Cadre « maison », peut-on dire, il promet d’être à l’écoute de ses collaborateurs et d’accorder une attention particulière à l’expertise nationale en veillant à ce que l’État profite mieux de ses investissements dans le secteur des hydrocarbures. Le projet de l’oléoduc Pointe-Noire/Brazzaville verra-t-il le jour avec lui ? Ce sera un couronnement ! Mais un autre défi qui guette le nouveau ministre des Hydrocarbures est l’approvisionnement régulier des villes congolaises en produits pétroliers. Cette équation-là, n’en doutons pas, affecte les Congolais au même titre que celle concernant la distribution de l’eau et de l’électricité.
La terre donne beaucoup à ceux qui savent la préserver. À partir des richesses de son sous-sol, le Congo qui mise sur la diversification de son économie peut gagner de l’exploitation de ses minerais et métaux précieux en tenant compte des impératifs qu’impose cette activité. Parmi lesquelles figurent les risques environnementaux. Ces derniers temps, les « terres rares » sont au cœur des convoitises conflictuelles qui mettent à l’épreuve la souveraineté des États. Urbain Fiacre Opo en sait davantage dans cet aéropage où il a longtemps travaillé. « Servir la nation », telle est la substance du mot qu’il a prononcé le jour de sa prise de fonction. Il veillera à coup sûr qu’il en soit ainsi, et ses compatriotes en tireront les meilleurs enseignements s’il tient parole.
Chaque nouveau pas franchi dans la vie est peut-être rendu possible quand se produit un déclic. Michel Djombo était à Dolisie, chef-lieu du département du Niari, dans le sillage de la campagne relative à l’élection présidentielle de mars dernier. Le 1er mars, à la tête d’une forte délégation d’UniCongo, il portait le message du patronat congolais au candidat Denis Sassou N’Guesso. Entre les deux parties, les échanges furent courtois tout autant que fructueux. L’entrepreneur et ses collègues portèrent un plaidoyer en faveur du privé national à qui l’État confierait moins d’opportunités que celles accordées à l’opérateur étranger ; le président-candidat quand à lui rappelait avec force l’exigence de performance comme le critère indéniable de l’attribution des marchés publics. Ça y est donc ! ministre du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la promotion du secteur privé, Michel Djombo porte la charge qui lui convient. À suivre… Gankama N'Siah Légendes et crédits photo :Les membres du gouvernent Notification:Non |


Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas : étrangler la précarité
Josué Rodrigue Ngouonimba : le triptyque terre-air-mer
Aimé Ange Wilfrid Bininga : deux poids, une mesure
Jacqueline Lydia Mikolo : au-delà de remplir le panier
Denis Christel Sassou N’Guesso : prospecter, proposer, soutenir
Honoré Sayi : de l’argent sur le fleuve
Rigobert Maboundou : l’essentiel du progrès
Marie-France Hélène Lydie Pongault : le cœur sur la main
Stev Simplice Onanga : la ressource vitale
Urbain Fiacre Opo : gains et souveraineté
Michel Djombo : on y est ! 








