Diaspora : premières rencontres scandinaves Stockholm – Helsinki

Vendredi 15 Mai 2026 - 0:18

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À l’initiative de la Congolo-Suédoise Marcelline Kibondzi et son équipe, une croisière battant pavillon suédois reçoit près de quiarante Congolais venus de France, d’Angleterre, de Finlande, d’Allemagne, de Norvège et de Suède dans le cadre de la première édition des « Rencontres scandinaves ».

Marcelline Kibondzi.Pari réussi pour Marcelline Kibondzi. Du 8 au 10 mai, à bord du Gabriella, une manifestation culturelle s’est déroulée afin de promouvoir la culture congolaise. Pour cette initiative patriotique, si chaque participant a contribué au coût de la croisière et des billets d’avions pour la Suède pays de départ, il faut reconnaître que Marcelline Kibondzi a supporté, sur fonds propres, l’organisation de cette manifestation sans bénéficier d’une autre forme d’apport financier. Son leitmotiv, faire vivre la culture congolaise en Scandinavie en faisant sienne la citation du poète congolais Tchicaya U Tam’Si, à savoir « Vous habitez le Congo, mais moi le Congo m'habite ».

« En effet, tous à bord de ce bateau, nous sommes naturellement habités par la République du Congo malgré la distance qui nous sépare de la terre de nos ancêtres. C’est à ce titre que j’ai eu l’initiative d’organiser cet événement pour promouvoir la culture congolaise en Scandinavie... L’heure est donc arrivée, à mon sens, de tourner les regards vers la Scandinavie, une occasion pour étendre le champ d’action de la préservation de nos valeurs culturelles pour que notre pays que nous avons en partage gagne davantage », a-t-elle affirmé. Et d’ajouter : « J’ai pensé créer ainsi une opportunité à travers ces ''Rencontres scandinaves'' pour faire entendre la voix de la République du Congo à travers sa littérature, sa musique et son art vestimentaire qui, à mon avis, constituent des éléments essentiels de l’identité congolaise ».

L’édition inaugurale des "Rencontres scandinaves" a mis en lumière trois piliers essentiels de la culture congolaise : l’art vestimentaire, la littérature et la musique à travers un programme inclusif conçu pour fédérer tous les participants de cette croisière inédite en mer Baltique. Trois conférences suivies de débats, animées part Jean-Aimé Dibakana, Marius Billgobenson et Gervais Loembe, ont permis aux participants de découvrir ces nouvelles plumes de la littérature congolaise.

En appui du roman ''Le psychanalyste de Brazzaville'' couronné à la fois du Grand Prix d’Afrique en 2023 et du Prix Orange du livre en Afrique, la même année, Jean-Aimé Dibakana, essayiste et nouvelliste, a plongé le public dans Brazzaville des années 1960 après indépendance, marquée par la violence politique.

L’assistance a découvert Marius Billgobenson, artiste musicien talentueux de jazz, installé en Suède et qui se produit souvent aux Etats-Unis d'Amérique. Il vient de publier son premier ouvrage « Melodies of resilience: harmonizingPhoto de famille lors des Rencontres Scandinaves 2026 life lessons from the hear of the Congo » (« Mélodies de la résilience : harmoniser les leçons de vie au cœur du Congo ») paru en mars 2026. Il y évoque son expérience vécue durant la guerre civile congolaise et son séjour transformateur auprès des pygmées. Bien plus qu'un simple récit de survie, c'est un guide pour transformer l'adversité en force, une vraie source d'inspiration et d'épanouissement.

Autre écrivain, Gervais Loembe, ancien délégué du préfet de région Centre Val de Loire et préfet du Loiret, auteur reconnu, a surpris et pris de court le public lors de la présentation succincte de son dernier livre "Ô Congo : terre d'inspiration", qui magnifie le Kongo, dont les richesses et la centralité ont influencé l’histoire de l’humanité.

Les débats qui ont suivi les exposés de ces trois auteurs étaient riches en enseignements. Sape et musique, deux piliers de la culture congolaise. Dans le cadre de l’élégance, marque de fabrique "Made in Congo", Marcelline Kibondzi a salué la présence et la participation de Djo Balard à cette première édition.

« À dire vrai, partout dans le monde, on reconnaît le Congolais qui traverse les frontières tout d’abord par son habillement avant qu’il ne présente son passeport. Le moteur de cette identité est bien parmi nous. La référence de l’élégance. Le modèle dans le mariage des couleurs en parlant de vêtements. Celui qui a inspiré des générations par son look unique et son charisme. J’ai cité Djo Balard, le roi de la sape », a-t-elle confié.

Dans un échange avec Bijou Sinald le MC, le roi de la Sape est revenu sur une brève histoire de ce mouvement né à Paris dans les années 1980 à la Maison des étudiants congolais dont il sera le grand défenseur dans le Paris mondain et à l’international.

Pour illustrer le volet musical, de cette croisière consacrée à la valorisation de la culture congolaise dans les pays scandinaves, quoi de plus que d’allier une légende, « une voix qui sait se lever pour bercer les cœurs et caresser la mémoire dans le sens du poil, un grand poète lorsque vous écoutez "Nadia soleil", "Belle Amicha" ou "Eden", vous allez sans doute vous en convaincre », a esquissé Marcelline Kibondzi, la voix empreinte d’émotion pour souhaiter la bienvenue à Théo Blaise Kounkou alias TBK, qui a donné un spectacle inédit, entre échanges avec le public, anecdotes et expression scénique,

Les "Rencontres scandinaves" se sont déroulées entre deux capitales, Stockholm et Helsinki, capitale finlandaise où la diaspora est représentée par Angela, a reçu un bel accueil dès la sortie du port.

Les déambulations à travers Helsinki ont permis aux participants de découvrir la cathédrale, le palais présidentiel ainsi que les lieux historiques comme le café Frazer. Le clou de cette escale était l’échange entre la diaspora finlandaise et les participants à la croisière dans l’enceinte de la bibliothèque centrale d’Helsinki. Un espace aménagé a permis à la doyenne des congolais en Finlande de présenter la diaspora et les difficultés auxquels les Congolais de Finlande sont exposés. Cet échange a eu lieu en présence d’Armand Rémy Balloud-Tabawé, ministre conseiller à l’ambassade du Congo en France qui participait à titre personnel.

Parmi les résolutions issues des rencontres scandinaves, il faut noter, un Manifeste dit de Stockholm a été signé par tous les participants. Il demande aux autorités congolaises d’instituer le « statut d’ambassadeur culturel » en faveur des « acteurs culturels congolais » qui portent, souvent seuls, «l’image du pays au niveau national et international ; dont engagement repose principalement sur des initiatives individuelles, sans cadre officiel », a confié Roch Le Prince Okouele .

 

 

 

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

1- Marcelline Kibondzi./ DR 2- Photo de famille lors des "Rencontres scandinaves" 2026 / DR

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