Discours d'investiture du président Denis Sassou N'Guesso, le 16 avril 2026 à KintéléVendredi 17 Avril 2026 - 18:15
Mesdames, messieurs ; Avec la tenue réussie, dans la paix des cœurs, la tranquillité des esprits, la transparence, du scrutin présidentiel du dimanche 15 mars 2026, la République du Congo, notre cher beau pays, vient de doter ses annales politiques d’une nouvelle page rédigée à l’encre indélébile d’une grande responsabilité historique. Conforme à notre agenda démocratique, cette élection a mobilisé l’ensemble de la population à toutes les phases de sa préparation et de son déroulement, ce qui a permis un taux de participation de 84,65%. Le peuple m’a renouvelé sa confiance avec 94,90% des suffrages exprimés. Nous nous retrouvons donc aujourd’hui pour magnifier, à travers la présente cérémonie d’investiture, la grande sagesse de notre peuple dans l’exercice de la démocratie. Mais auparavant, je voudrais formuler mes sincères remerciements aux chefs d’Etat et de gouvernement qui, en dépit des contraintes de calendrier, ont accepté de rehausser, par leur présence, la solennité de cet important événement. En effectuant le déplacement de Brazzaville, vous témoignez, une fois de plus, de la force des liens de fraternité qui nous unissent personnellement ainsi que la vitalité de l’amitié et de la solidarité qui fondent l’étroite proximité de nos peuples. J’exprime les mêmes sentiments de profonde gratitude aux délégations et personnalités venues pour partager avec nous ces instants. Je formule toute ma reconnaissance aux filles et aux fils du Congo qui, dans une ferveur inédite et par une participation massive au scrutin du 15 mars dernier, ont accompli leur devoir civique en toute responsabilité. En portant leurs suffrages sur mon projet de société, les Congolaises et les Congolais ont fait le choix de l’expérience, de la responsabilité, de la stabilité et de la continuité. Le peuple m’a donc accordé à nouveau sa confiance. Pour faire confiance, il faut d’abord croire. Le peuple croit en mon projet « L’accélération de la marche vers le développement ». C’est, par ailleurs, avec beaucoup d’émotion teintée d’une grande humilité que j’apprécie ce nouvel appel du devoir. C’est tout le sens de mon serment de ce jour. Dès lors, je m’engage à ne ménager aucun effort dans la prise en mains et la gestion des principaux défis du développement de notre pays. Porter la foi et l’espérance du peuple est une lourde responsabilité devant ma conscience, devant l’histoire. Plus précisément, l’engagement que je prends est de ne jamais trahir ce peuple qui s’est mobilisé pour m’honorer et me renouveler sa disponibilité. A nos compatriotes qui, au cours de ce scrutin, ont fait des choix différents que je respecte, je reste attentif à toute proposition constructive pour le Congo, dans le cadre d’une République fraternelle et solidaire. Dans ce sens, je note le fair-play des autres candidats qui, par leur participation, ont contribué à la consolidation de la démocratie pluraliste dans notre pays. Enfin, qu’il me soit aussi permis de saluer le grand mérite et l’efficacité des personnels de la Force publique qui, après avoir participé au vote en tant que citoyens congolais, ont assuré la sécurité des opérations. C’est ainsi que l’expression du suffrage s’est déroulée en toute sérénité, ce qui a permis au peuple de réaffirmer l’intangibilité de sa souveraineté.
Le scrutin du 15 mars 2026 consacre trois principaux vainqueurs :
S’agissant de la paix, le peuple, qui a fait le choix de la continuité et rejeté le cycle des troubles socio-politiques, reste fermement attaché à la paix. Voilà pourquoi, en cette solennelle occasion, je réaffirme ma détermination à faire que la paix devienne un acquis irréversible pour notre pays. Je confirme, par la même occasion, ma disponibilité pour accomplir des missions de paix et de conciliation en Afrique et ailleurs dans le monde. Le scrutin du 15 mars 2026 est également une victoire pour la démocratie dès lors qu’il contribue au raffermissement du pluralisme politique et au renforcement de nos processus électoraux. C’est pourquoi, je félicite les forces politiques qui, face aux divergences partisanes et à bien d’autres dérives attentatoires à la paix et à la cohésion nationale, ont plutôt privilégié l’intérêt supérieur de la Nation. Enfin, le grand artisan de cette victoire est le peuple qui vient de franchir ce cap majeur de sa vie politique. Le peuple congolais est de bonne foi et la bonne foi induit la conformité de l’acte à la parole et de la parole à la vie intérieure. Je mesure le poids de la responsabilité issue de la confiance que le peuple m’a faite. L’engagement que je prends aujourd’hui devant la Nation et la communauté internationale est de ne jamais trahir ce peuple qui s’est mobilisé pour m’honorer et me renouveler sa confiance. Je tiens à dire :
Dès lors, je m’engage à ne ménager aucun effort dans la prise en mains des principaux challenges du développement de notre pays.
De la Nouvelle espérance à Ensemble poursuivons la marche, en passant par le Chemin d’avenir et la Marche vers le développement, le Congo s’est progressivement transformé. Nous avons restauré l’autorité publique, en respectant le principe de l’Etat de droit et du droit de l’Etat. Nous avons consolidé la paix, renforcé la cohésion nationale et nos institutions. Nous avons assuré la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Au regard de ces acquis et de vos nombreuses préoccupations recensées avant et pendant la période électorale, j’ai jugé utile et opportun de vous proposer un projet de société intitulé "L’accélaration de la marche vers le développement ". La poursuite de la construction d’un Congo uni, ambitieux, innovant et prospère se fera à travers dix actions prioritaires. Il s’agira :
Je voudrais insister sur :
- du corridor de développement n° 13 dans son tronçon Ouesso-Impfondo-Gouga frontière RCA - du pont route-rail reliant Brazzaville à Kinshasa dont les travaux débuteront au cours de ce quinquennat ; - du Chemin de fer Congo-Océan dont la modernisation apportera un coup d’accélérateur à la diversification de l’économie ;
Avec ces infrastructures, le Congo se connecte progressivement à ses voisins et devient un véritable hub commercial et touristique intra-africain au rendez-vous de la Zone de libre échange continentale africaine ;
M’adressant spécifiquement à la jeunesse, je voudrais souligner la place et le rôle majeurs de cette couche la plus nombreuse et la plus valide de notre population dans l’accélération de la marche vers le développement. Par son dynamisme, son énergie et sa vitalité, la jeunesse demeure le moteur essentiel de la créativité et du leadership transformationnel pour notre pays. Accélérer la prise de conscience des jeunes appelés à prendre le relai ; à apprendre à assumer et à s’assumer, devient une exigence capitale. Jeunes congolais, vous êtes l’avenir du Congo, un avenir qui se conjugue au présent. Ce qui se fait aujourd’hui anticipe les obligations et préoccupations auxquelles vous ferez face demain, d’où la nécessité de connaître le pays, de l’aimer et de connaître son histoire. On ne peut pas prétendre assumer et gérer la Cité demain sans se préparer et disposer du savoir, de l’expertise et de l’expérience qu’exigent la concurrence et la compétitivité. J’invite la jeunesse au travail et à l’humilité, à interagir avec les anciens dans une sorte de contrat de génération, dans une société participative, pour rester en phase avec un adage antique selon lequel ''l’action est la force de la jeunesse, le conseil est la force des anciens". Aux femmes, j’accorderai une attention toute particulière durant ce nouveau mandat, comme il en a toujours été le cas. Je prendrais véritablement en compte vos doléances exprimées dans le Pacte social du 8 mars 2026, qui résume vos aspirations légitimes autour de la justice sociale, l’égalité des chances, la responsabilité partagée et la redevabilité mutuelle.
La prochaine équipe gouvernementale sera tenue de convertir, en un programme quinquennal, le projet de société dans le Plan national de développement 2027-2031 qui devra être rapidement adopté par les élus du peuple. Il sera aussi question de travailler pour une vision Congo 2063, en adéquation avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Je voudrais rappeler le fait que le monde est confronté à plusieurs défis, notamment celui des changements climatiques. Dans le secteur environnemental, j’afficherai la même détermination à consolider la place de notre pays dans les tranchées avancées de la lutte contre les dérèglements climatiques. C’est ici l’occasion de saluer l’adoption par les Nations unies, en avril 2025, de la résolution instaurant la période 2027-2036 comme « Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement » à l’initiative de la République du Congo. De même, nous croyons en une Afrique qui vivifie les idéaux du panafricanisme, ce mouvement politique qui prône la souveraineté et l’indépendance totale du continent. En la matière, les pères des indépendances ont assumé leur part de responsabilité. Ils ont cultivé et moulé les valeurs fondées sur la solidarité dans la défense des causes justes. Ce fut leur apport à l’épanouissement du panafricanisme. Puis ils ont fait leur passage dans l’immortalité avec le ticket d’entrée de leur courage, parfois imbibé du sang du sacrifice de leur vie. Ils ont légué un outil politique, l’Organisation de l’unité africaine, devenue aujourd’hui l’Union africaine. Nous devons être fiers de leur combat. Ils se sont battus pour la dignité, la liberté et la justice. Nous récoltons aujourd’hui les fruits de cette lutte, tel qu’en témoigne la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité par les Nations unis, à travers la « Déclaration portant qualification de la traite des Africains réduits en esclaves et de l’esclavage racialisé des africains », de plus graves crimes contre l’humanité. De nos jours, les défis sont économiques mais les exigences demeurent les mêmes. Aucun pays ne peut vivre en autarcie. L’Afrique comptera deux milliards cinq cent millions d’habitants à l’horizon 2050, majoritairement jeunes qu’il faudra nourrir, soigner et éduquer. Présentement, près de 600 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité lorsqu’on sait qu’elle conditionne le développement. C’est pourquoi, je réitère ma foi dans toutes les initiatives et tous les projets qui procèdent du panafricanisme économique. Je réaffirme ma foi dans le multilatéralisme au moment où l’humanité fait face à de multiples incertitudes et de graves menaces susceptibles de mettre en danger et d’hypothéquer durablement la paix dans le monde.
Au terme de mon propos, permettez-moi de dire qu’en ce jour où je suis investi de la haute charge de l’Etat, je pense d’abord et avec émotion, au Congo, notre pays.
Souviens-toi de conserver une âme toujours éclairée devant les aspérités des difficultés et des obstacles. Allons de l’avant avec encore plus d’audace. Tu as raison d’espérer non pas parce que l’espérance est la dernière des déesses, mais parce que le seul espoir qu’on puisse avoir, c’est soi-même. Guidés par le triptyque de notre belle devise Unité-Travail-Progrès, la boussole qui oriente notre action, bien ancrée dans le solide boîtier de la paix, engageons-nous résolument dans la marche accélérée vers le développement, pour que :
Je vous remercie.
Les Dépêches de Brazzaville Légendes et crédits photo :Dénis Sassou N'Guesso délivrant son premier discours du nouveau quinquennat / DR Notification:Non |


Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, chers frères ; 







