Esclavage : l’ONU reconnaît la traite des Africains comme « crime contre l’humanité »Jeudi 26 Mars 2026 - 20:15 Malgré l’opposition de l’Argentine, de l’Israël et des États-Unis, l’Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) a adopté, le 25 mars, une résolution historique qualifiant la traite transatlantique des Africains de crime contre l’humanité. Porté par le Ghana, le texte relance l’épineuse question des réparations pour les injustices héritées de l’esclavage.
Le texte, présenté par le Ghana, a été approuvé par 123 pays, tandis que l’Argentine, Israël et les États-Unis ont voté contre, et que 52 États se sont abstenus. S’exprimant au nom du Groupe africain, le président ghanéen, John Dramani Mahama, a salué une avancée vers « la vérité, la guérison et la justice réparatrice ». Il a rappelé l’ampleur historique de la traite qui, pendant plus de quatre siècles, a arraché des millions d’Africains à leur terre pour les réduire en esclavage dans les Amériques. La résolution qualifie ces pratiques de « crimes les plus graves contre l’humanité », en raison de leur ampleur, de leur brutalité et de leurs conséquences durables. Elle insiste également sur l’impact persistant de ces crimes, notamment à travers le racisme systémique et les inégalités structurelles qui affectent encore les personnes d’ascendance africaine. Le texte met en avant la nécessité de réparer les torts historiques et considère les demandes de réparations comme une étape concrète vers la justice. Mais cette position a été contestée par les États-Unis. Avant le vote, le diplomate Dan Negrea a jugé la résolution « hautement problématique », affirmant que son pays ne reconnaît pas de droit légal à des réparations pour des faits qui n’étaient pas illégaux, selon le droit international à l’époque. La séance s’est tenue dans le cadre de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage. La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a rappelé que l’esclavage constitue l’une des violations des droits humains les plus graves de l’histoire. De son côté, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à s’attaquer aux héritages durables de l’esclavage, notamment les inégalités et le racisme. Il a plaidé pour des actions concrètes en faveur de l’égalité, de la dignité et de l’inclusion, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la place des pays africains dans la gouvernance mondiale. Il a également évoqué l’importance de garantir aux États africains un contrôle accru sur leurs ressources naturelles et une participation équitable aux institutions internationales, y compris au Conseil de sécurité. La cérémonie a été marquée par une lecture de la poétesse barbadienne Esther Philips, qui a rendu hommage aux victimes de l’esclavage. Dans un discours émouvant, elle a rappelé que « sans justice réparatrice, il ne peut y avoir de paix », invitant les États à transformer leurs engagements en actions concrètes. Elle a souligné que cette résolution marque une étape importante dans la reconnaissance des crimes du passé et relance un débat mondial sur les réparations et la justice historique. Fiacre Kombo Notification:Non |










