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A Glasgow les feux virent au rouge

Lundi 1 Novembre 2021 - 13:38

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Alors que vient de débuter la vingt-sixième Conférence sur le climat (COP 26), tout, malheureusement, laisse prévoir que rien de concret ne sortira de cette nouvelle grand-messe. Outre le fait que les dirigeants de plusieurs pays figurant en tête de liste des plus dangereux pollueurs de la planète – la Chine, le Brésil, la Russie notamment – n’y sont pas présents, les tensions que comptent provoquer dans les rues de la cité écossaise les combattants planétaires de la lutte contre le dérèglement climatique ne peuvent que perturber la tenue de ce sommet. Ce qui explique sans doute pourquoi de très hautes personnalités comme la reine Elizabeth II d’Angleterre et le pape François ont décidé, au dernier moment, de ne pas se rendre sur place alors même qu’elles militent avec force et depuis longtemps pour la défense de la nature.

Il est vrai que le temps n’est plus où la communauté mondiale dans son ensemble affirmait noblement sa volonté de coordonner ses forces sur les cinq continents afin de freiner la hausse des températures que provoque la suractivité humaine comme elle l’avait fait au Bourget, près de Paris, il y a six ans lors de la COP 21. Incapable de traduire en actes les engagements qu’elle avait alors pris, elle a aggravé la crise environnementale au lieu de la combattre, ce qui a accéléré la fonte des pôles et des glaciers sur toute la surface du globe, la montée des océans qui menace désormais de submerger des côtes entières, la hausse des températures qui génère elle-même une aggravation de la sécheresse dans de nombreuses régions, la dégradation de l’air et la multiplication des incendies qui l’accompagnent. Un bilan catastrophique que ne cessent de souligner, chiffres et données à l’appui, les institutions spécialisées de la communauté internationale mais qui, visiblement, n’impressionne nullement les grandes puissances industrielles comme en témoigne l’inertie de leurs dirigeants.

Les jours à venir infirmeront ou confirmeront le diagnostic ici émis de l’échec de la COP 26, mais l’on peut tenir pour certain que nous allons assister dans les jours, les mois, les années à venir à une mobilisation populaire inédite dans la longue histoire de l’humanité : inédite car elle rassemblera des dizaines, des centaines de millions de manifestants dans toutes les grandes cités de la planète, inédite car elle posera aux dirigeants de ce temps des problèmes politiques intérieurs qu’ils auront le plus grand mal à résoudre, inédite car elle suscitera très vite une « bronca » des peuples du Sud contre les dirigeants des peuples du Nord qui s’avèrent incapables de tenir leurs engagements.

Finalement, la COP qui se tient présentement à Glasgow a toutes les chances de rester marquée dans l’histoire humaine comme un tournant majeur de la gouvernance mondiale en raison de son échec et des réactions indignées qu’elle provoquera très vite sur toute la surface du globe. Il est révolu, en effet, le temps où les nobles discours des gouvernants dans les enceintes internationales  généraient de l’espoir au sein même des populations. Seuls, désormais, des résultats visibles, concrets, pratiques protégeant la nature et luttant contre le dérèglement climatique seront crus et permettront d’apaiser les tensions sociales qui s’aggravent partout de jour en jour.

Joe Biden, Emmanuel Macron, Boris Johnson, Angela Merkel et autres Ursula von der Leyen feraient bien d’en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard. Et d’écouter avec la plus grande attention ce que les chefs d’Etat africains, Denis Sassou N’Guesso en particulier, leur diront cette semaine à Glasgow.

Jean-Paul Pigasse

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