Insécurité à l’Est : Félix Tshisekedi face à la nébuleuse des groupes armés

Jeudi 8 Octobre 2020 - 17:39

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Depuis qu’il a mis ses pieds dans l’étrier du Grand Kivu, Félix Tshisekedi sait qu’il a un coup à jouer, lui qui s‘est résolument engagé à rétablir la paix dans cette partie de la République.

Tout un challenge donc pour le cinquième président du Congo indépendant qui entend réussir là son prédécesseur s’est illustré par des vaines promesses, sans prise sur le terrain. Il veut allier l’acte à la parole pour ne pas offrir une piste à la vile critique. Pour juguler l’insécurité persistante à l’est du pays, Félix Tshisekedi a, depuis son avènement à la magistrature suprême, lancé plusieurs initiatives de paix et multiplié des stratégies sécuritaires visant la restauration de la paix à l’est du pays. Le mini-sommet de Goma tenu le mercredi 7 octobre par visioconférence, s’inscrit dans cette dynamique reposant sur une quête effrénée de la paix en faveur de la sous-région des Grands lacs.

L’objectif de cette rencontre virtuelle ayant impliqué, outre la RDC, l’Angola, l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda, est de sceller les rapports de bon voisinage par la conjugaison des efforts en faveur de la coopération, la pacification et la stabilisation de l’est de la RDC et de la sous-région. Ayant appréhendé l’enjeu sécuritaire du Grand Nord et ses ramifications, Félix Tshisekedi sait qu’une approche diplomatique et participative des Etats concernés est requise pour gagner le pari de la sécurité. Il faut, dès lors, resserrer les liens de coopération entre les Etats de la région dont certains sont, depuis des lustres, en guerre larvée entre eux. La problématique sécuritaire de l’est de la RDC et dans les Grands lacs est donc tributaire de la bonne entente entre les Etats membres.   

Le chantier est grandissime. Seule la rage de  changer le cours de l’histoire peut faire bouger les lignes dans ce qui a tout l’air d’un challenge. En s’engageant à « conjuguer les efforts pour lutter contre les groupes armés opérant dans la sous-région des Grands lacs et de les couper de leurs sources de financement », ou encore, en décidant de militer « pour le renforcement des capacités des mécanismes existants dans la sous-région », les chefs d’Etat de la région ont affiché clairement leur intention  de tirer un trait sur la nébuleuse de l’Est. Une rengaine, ou mieux une simple déclaration d’intention, pourrait-on dire, mais le leadership clairvoyant d’un Félix Tshisekedi dictant la cadence à ses pairs, rassure. Rien ne sera plus comme avant. L’installation d’un état-major avancé à Béni, ou encore le relèvement des commandants de la zone opérationnelle et leur permutation, répondent de la nouvelle stratégie sécuritaire concoctée sous son impulsion. Avec une attention toute particulière accordée à l’insécurité prévalant a Lubero, Masisi, Rutshuru, Walikale et Béni du fait des attaques récurrentes des groupes armés, Félix Tshisekedi entend redynamiser le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire des combattants en perte de repères. Et comme si cela ne suffisait pas, il promet même de s’installer dans les prochains jours à Goma pour mieux suivre les péripéties sur le terrain, lesquelles requièrent son implication personnelle.

A tout prendre, c’est un Félix Tshisekedi déterminé à faire du Grand Nord un havre de paix qui s’est retrouvé dans le bourbier de Goma. Aucune prétention de sa part d’être l’homme-solution, mais ses faits et gestes attestent que c’est de lui que pourrait, sans doute, venir l’éclaircie après près de deux décennies d’instabilité. Félix Tshisekedi n’y va pas de main molle. Il a une somme de renseignements en rapport avec les contours de la pieuvre de l’Est qui s’accommode bien avec bien avec une maffia organisée entretenue par des relais locaux. Pour avoir pris l’engagement de pacifier tout l’est du pays, il sait que l’une des clés de son mandat reste la concrétisation de cette promesse électorale sur laquelle continuent de surfer les compatriotes de cette partie du pays qui attendent beaucoup de lui.        

Alain Diasso

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