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La route escarpée vers Syrte

Samedi 10 Février 2024 - 18:17

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Comme une valeur ajoutée au nombre de pas franchis en faveur du retour définitif de la paix en Libye, l’optimisme était au rendez-vous de la 9e réunion du Comité de haut niveau de l’Union africaine (UA), qui s’est tenue à Kintélé, au Nord de Brazzaville, le 5 février dernier, sur l’état d’avancement du processus de réconciliation nationale dans le pays. Mais un optimisme mesuré tant les écueils sont encore nombreux sur le chemin menant à la ville orientale de Syrte où devra s’ouvrir, le 28 avril prochain, la Conférence nationale attendue de longue date par le peuple libyen.

La présence dans la capitale congolaise des représentants des Etats membres du Comité de haut niveau – Algérie, Afrique du Sud, Mauritanie, Tchad, Tunisie, et bien sûr Congo –, du président du Conseil présidentiel libyen, du président en exercice de l’UA, du président de la Commission de l’UA, des envoyés spéciaux du secrétaire général des Nations unies et de la Ligue arabe, a témoigné de la convergence de vues entre les différents partenaires travaillant sur ce dossier sensible à plusieurs titres.

Le communiqué final publié à l’issue des assises de Brazzaville considérées par tous les acteurs comme une étape cruciale avant Syrte a pointé entre autres obstacles, le rôle trouble des puissances étrangères dont l’ingérence dans les affaires intérieures libyennes « porte atteinte aux intérêts supérieurs » du peuple de ce pays. Ces puissances agissent par mercenaires interposés, si ce n’est par la présence de contingents armés dont les missions sont aux antipodes des attentes de la population libyenne désireuse de reprendre une vie normale après tant d’années de souffrances.

Jusqu’à présent, ces puissances extérieures sont restées sourdes aux appels qui leur sont lancés d’accompagner les initiatives de paix parmi lesquelles celle de l’UA à travers son Comité de haut niveau et son principal acteur, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, est la plus opiniâtre. L’option de changer par la force des armes le régime politique en Libye en 2011 ayant été une calamité, ses meneurs devraient, en reconnaissant qu’ils se sont trompés, apporter leur contribution à la mise en œuvre de la feuille de route de l’organisation panafricaine.  

Les conséquences de l’invasion de la Libye dans le sillage du « printemps » arabe ne cessent, en effet, d’alerter sur le péril de laisser perdurer cette situation. L’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient sont sur la sellette car l’activisme des mouvements terroristes ajouté à l’hécatombe des noyades en méditerranée intègre un mouvement global de déstabilisation transcontinentale que seule une mutualisation des efforts est en mesure d’endiguer. Agir de façon éparse, tenter de s’abriter derrière quelques préconisations réglementaires ou ériger des murs pousseront à la ruine collective.

A un peu plus de deux mois de la Conférence de Syrte, les discours entendus le 5 février à Brazzaville l’ont dit et répété, le moment est venu pour qu’à l’unisson les Libyens prennent leur destin en main. L’UA, comme l’Organisation des Nations unies, l’Organisation de la Ligue arabe, le Comité de haut niveau, comme l’ensemble des pays qui le composent ont annoncé leur disponibilité à appuyer le processus menant à la réconciliation en Libye, convaincus qu’elle dessinera enfin les contours de l’organisation des élections générales inclusives et apportera la légitimité aux autorités sorties des urnes. Croisons les doigts.

Gankama N'Siah

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