Les souvenirs de la musique congolaise : le parcours de Célestin Kouka (3)

Samedi 23 Août 2025 - 14:45

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Célestin Kouka, dit Celio, auteur compositeur, chanteur personnage charmant, élégant, rayonnant d’une beauté admirable, fut cofondateur des orchestres OK Jazz et Bantous de la capitale ainsi que l’orchestre Le peuple du trio Cepakos.

 

 Comité ya Bantous », une chanson emblématique de Célestin Kouka dédiée aux membres du comité de soutien de l’orchestre Bantous dont le secrétaire général fut Clément Ossinonde, chroniqueur émérite et érudit de l’histoire de la musique congolaise, une chanson, où le prélude est un Tcha-tcha-tcha-tcha son montuno (rythme afro-cubain), et entrecoupée par du zebola (une danse traditionnelle d’origine centrafricaine qu’exhibaient les tribus Mbakas et Yakomas lors de certaines manifestations dans les rue de Poto-poto au cours des décennies 50 et 60). Signalons que cette chanson fut également interprétée par le très célèbre chanteur Sam Mangwana au début de l’année 2000.

L’année 1972 fut marquée dans l’histoire de la musique congolaise par l’implosion de l’orchestre Bantous de la capitale après une longue période fastueuse. En effet à la suite de l’opacité des fonds résultants de la vente des œuvres promotionnelles de certaines entreprises d’Etat telles qu'Ofnacom, Lina Congo, ATC et autres produites par les Bantous, une opacité entretenue (d’après certains membres du groupe) par Nino Malapet chef d’orchestre et aux débats houleux qui s’en suivirent sur cette question lors d’une réunion tenue à la cabane Bantous, le 6 novembre 1972, et au cours de laquelle  Nino Malapet décida de suspendre pour indiscipline et ceci pour une durée indéterminée Kosmos Moutouari, Pamelo Mounka, Kouka Célestin, Edo Ganga, Mpassi Mermans et Théo Bitsikou. Ces derniers, frustrés et indignés, claquèrent la porte de la maison Bantous de la capitale et créèrent à leurs tours les orchestres les « Nzoï » d’Edo Ganga, Mpassi Mermans et Théo Bitsikou, de leur côté Célestin Kouka, Pamelo Mounka et Kosmos Mountouari conclurent une entente à trois et fondèrent l’orchestre dénommé « Le Peuple du trio Cepakos », Ce (Célestin), Pa (Pamélo), Ko (Kosmos) par contre une frange des musiciens, notamment des instrumentistes pour la plupart resta solidaire à Nino et Essous dans l’orchestre Bantous.

Ainsi, sous la ferrure d’un opérateur économique dénommé Diora, l’orchestre Le Peuple de Célestin Kouka Pamélo Mounka et Kosmos Mointouari fit son entrée dans la scène musicale congolaise, le 4 août 1973, au célèbre bar Lumi Congo ex Macédo ou les mélomanes étaient venue nombreux assister à la naissance de ce nouveau née de la musique congolaise. Dans l’orchestre Le Peuple, Célestin Kouka s’affirma une fois de plus comme un auteur compositeur pétri de talents et lança sur le marché les titres tels que « Kouka ba dia », « Nseke », « L’heure de la vérité », « Tosaka mateya », « La vérité », « Mwana ma tala », « Sala mbongo », « Circulaire », et autres titres somptueux hissèrent l’orchestre Le Peuple au firmament de la musique congolaise. Mais contre toute attente et au fil des temps, l’orchestre Le Peuple, miné par des conflits internes, notamment entre les trois figures de proue du groupe (Célio, Pamélo et kosmos), ces deux derniers quittèrent le navire Le Peuple. Pamélo rejoignit l’orchestre Bantous en 1978 et Kosmos opta en 1984 pour une carrière en solo, deux défections qui furent à l’origine de la disparition de l’orchestre Le Peuple dans l’arène musicale congolaise. A suivre...

Auguste – Ken – Nkenkela

Légendes et crédits photo : 

L’artiste musicien congolais Célestin Kouka/DR

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