Stabilité macroéconomique : le FMI formule des recommandations au gouvernementJeudi 11 Juin 2026 - 15:15 Le bureau pays du Fonds monétaire international (FMI) a réitéré, le 11 juin, à Brazzaville des recommandations faites à la République du Congo, pays bénéficiaire de l’envolée des cours du pétrole, en vue de soutenir la croissance et réduire le niveau de la dette.
Selon le représentant de l’institution de Bretton Woods, les pays d’Afrique subsaharienne devraient continuer l’amélioration de la croissance qui résulte à la fois des politiques économiques plus rigoureuses, d'une meilleure maîtrise de l'inflation et d'efforts importants d'assainissement budgétaire entrepris. Pour le cas spécifique du Congo qui fait face à une situation de surendettement, le FMI a formulé des recommandations majeures dont les plus capitales reposent sur l’utilisation rationnelle des surplus pétroliers, l’apurement des arriérés des opérateurs économiques, le remboursement de la dette extérieure en utilisant les ressources provenant de l’exploitation pétrolière, en ayant une marge de manœuvre pour rembourser la dette jugée importante. Tout en conseillant le pays à poursuivre les réformes entreprises pour mettre un terme à la fuite des ressources financières, le FMI recommande également la réduction des dépenses publiques pour lutter contre le niveau d’endettement. Dans cette perspective, il estime qu’une bonne gestion des finances et une gestion prudente devraient ainsi renforcer la discipline budgétaire. Toutefois, dans les Perspectives économiques régionales d’Afrique subsaharienne présentées aux économistes, cadres du ministère des Finances, et des représentants des organisations onusiennes ainsi qu’aux diplomates lors de ce séminaire, le FMI note des progrès acquis mais mis à l’épreuve par le choc dû à la guerre au Moyen-Orient qui assombrit les espoirs enregistrés les années précédentes. Conscient du fait que la préservation de la stabilité macroéconomique fait partie des priorités du pays, le ministre chargé des Finances, Christian Yoka, a rappelé que d’après les estimations du gouvernement, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel est passée de 1,3% en 2024 à 4,3% en 2025 et devrait atteindre 5% en 2026. Une dynamique reposant sur la poursuite des réformes engagées depuis plusieurs années et sur l'amélioration progressive de l'environnement économique national. Des recommandations jugées majeures Les recommandations formulées par le FMI porte notamment sur l’accélération de la diversification économique visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures afin de renforcer leur résilience face aux fluctuations des cours mondiaux ; le renforcement des finances publiques grâce auquel les recettes sont passées de 1301 milliards FCFA en 2020 à plus de 2550 milliards FCFA en 2025. «Les secteurs hors pétrole affichent une progression soutenue. L'agriculture, l'élevage, les télécommunications, les transports, les services financiers, la logistique et les services marchands constituent désormais des moteurs de croissance de plus en plus importants », a indiqué Christian Yoka. Outre ces deux premières recommandations, il est également attendu une soutenabilité de la dette publique, dont le ratio rapporté au PIB qui dépassait 110% en 2020 et 2021 est revenu autour de 92% en 2025. Des projections qui indiquent une poursuite de cette tendance à la baisse au cours des prochaines années autour de 80% du PIB à l’horizon 2027. La cinquième recommandation du FMI porte sur les réformes structurelles et la modernisation de l'État. Dans le cadre de celle-ci, « les réformes en cours concernent notamment la dématérialisation des procédures fiscales et douanières, le développement des paiements électroniques, l'interconnexion des systèmes d'information, le renforcement de la transparence budgétaire ainsi que la mise en œuvre prochaine du Compte unique du Trésor », a précisé le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public. S’agissant de la nécessité de protéger la population la plus vulnérable face aux risques inflationnistes et aux menaces pesant sur la sécurité alimentaire, comme souligné par le Fonds, le ministre a réitéré la volonté du gouvernement de poursuivre la trajectoire baissière de l’inflation en privilégiant les dépenses sociales prioritaires ; le soutien aux secteurs productifs ; le développement agricole ainsi que les mécanismes destinés à préserver le pouvoir d'achat de la population.
Guy-Gervais Kitina Légendes et crédits photo :1° Le ministre des Finances, Christian Yoka et le représentant résident du Fmi, Maximilien Kaffo, à l'ouverture du séminaire; 2° Une vue des participants au séminaire sur les Perspectives économiques d'Afrique subsaharienne/ Photos Francis (Ministère des Finances) Notification:Non |


Lors d’un séminaire co-organisé avec le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, le représentant résident du FMI, Maximilien Kaffo, a relevé quelques recommandations jugées prioritaires qui peuvent aider le Congo à préserver sa stabilité macroéconomique.









