Opinion

  • Le fin mot du jour

Mbanié

Samedi 1 Août 2026 - 16:38

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel


La concorde enfin. Le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement mis un terme au conflit territorial qui envenimait leurs relations depuis plusieurs décennies, à travers la signature d’un accord de « bonne entente », le 28 juillet dernier. Les deux pays se disputaient la possession de l’île de Mbanié et des îlots adjacents de Cocotiers et Conga.

Le dénouement soutenu par l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Éthiopie, est symbolique à plus d’un titre. Non seulement les deux parties ont fait preuve de compréhension mutuelle en se conformant à l’arrêt de la Cour internationale de justice consultée en son temps et qui s’était prononcée sur la question en mai 2025, mais en prenant l’UA à témoin, Libreville et Malabo valorisent la diplomatie continentale.

Le Gabon reconnaissant désormais la souveraineté de sa voisine équato-guinéenne sur ces entités territoriales, les deux pays ouvrent une nouvelle page de leur coopération au grand bénéfice de leurs populations. Il faut rappeler tout de même qu’en 1972, convaincu que les trois îles lui appartenaient, le Gabon avait engagé son armée sur place en y implantant son drapeau. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont.

De ce qu’il se passe aujourd’hui, le mérite en revient aux plus hautes autorités des deux pays qui témoignent, par cet acte, que les différends territoriaux entre les États peuvent être réglés par le dialogue et par le droit. Au terme de cet accord, Gabonais et Equato-Guinéens s’engagent à poursuivre les discussions sur le tracé de leurs frontières terrestres et maritimes. En s’appuyant respectivement sur la convention franco-espagnole de 1900 et la convention des Nations unies de 1982.

Il est vrai, par ailleurs, que les frontières héritées de la colonisation ne sont pas exemptes d'incongruités mais pour des nations partageant le même espace géographique et qui poursuivent des politiques d'intégration, le pire serait de vivre en chiens de faïence. De ce point de vue et sur ce cas précis, le Gabon et la Guinée équatoriale peuvent être cités en exemple.

Les observateurs estiment que Mbanié regorgent d’abondantes richesses, et que c’est bien pour ces atouts, entre autres, que le contentieux a tiré en longueur. Mais tout a un début et une fin, et celle qui survient est plutôt heureuse pour la paix dans la sous-région d’Afrique centrale.
 

Gankama N'Siah

Edition: 

Édition Quotidienne (DB)

Notification: 

Non

Le fin mot du jour : les derniers articles