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  • Le fin mot du jour

Toiletter la Toile

Samedi 8 Août 2026 - 17:48

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Un pourfendeur-en-chef est né et grandit vite. Trop vite. Son nom ? Web (1), autrement dit, « système hypertexte public fonctionnant sur Internet ». Très puissant, il s’est imposé comme jamais rien de tel auparavant. Unique par la quantité des informations, images et vidéos qu’il diffuse, ce portail mondial est d’accès facile à ceux qui le consultent pour s’informer, et à ceux qui, sans doute les plus actifs, l’utilisent pour s’exprimer.  Chacun prend sa liberté sans tenir compte des ravages qu'entraîne dans son propre entourage, ou chez  le voisin, le plaisir éphémère de poster un appel à la violence, de sacraliser les racismes, de prôner l’extermination des membres de l’ethnie d'à côté par pure haine. Attachés à leurs convictions, les animateurs de certains sites s’en tiennent à la logique de l’affrontement sans fin. Le temps à fabriquer ou relayer des messages violents, la volonté de nuire et l’apologie du crime leur vont bien. 

L’humanité court à sa perte si l’on n’y prend garde, alertent les observateurs. D’où les craintes que suscitent chez de nombreux décideurs, sur les cinq continents, les dérives extrêmement dangereuses observées sur la Toile d’araignée mondiale. Il y a, d’une part, des activistes du Web qui passent le clair de leur temps à élaborer des scénarii catastrophes, souvent pour des raisons de militantisme politique, parfois aussi pour se dédouaner d’une vicieuse oisiveté. D’autre part, des hackers au service des Etats, des multinationales ou de groupuscules terroristes qui infiltrent les systèmes de communication protégés des gouvernements dans le but d’en déglinguer le fonctionnement ou d’en soutirer des informations capitales.

Sur tous les plans, et quelle qu’en soit la finalité, le résultat peut être désastreux pour l’équilibre des sociétés et des nations. Victime de ses prouesses scientifiques, la communauté humaine doit désormais faire face à la montée du crime sur le Web, la fameuse cybercriminalité. La guerre numérique sera sans aucun doute celle qu'il faudra gagner, demain, pour la survie des institutions publiques, les Etats n’ayant d’autres choix que de s’attaquer à la dimension délibérément agressive du Web. Malheureusement, à l’instar d’autres défis comme le terrorisme classique, l’expérience montre que face à leurs intérêts, les mêmes États sont souvent incapables de constituer une coalition solide contre les dangers communs. De ce fait, ils auront beau assurer défendre les droits fondamentaux de leurs citoyens, dont celui d’exprimer librement ses pensées, les gouvernements pourront être amenés, chacun sa méthode, à exercer diverses pressions sur le Web dans le but d'en contrecarrer les dérapages. Ils souleveront, tout bien considéré, une levée de boucliers de la part des activistes des réseaux sociaux. Il est puissant, cela s'entend mais le Web est tout aussi polluant. Tôt ou tard, si ce n'est déjà le cas, il se fera beaucoup d'ennemis.

Gankama N’Siah

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