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Un enjeu décisif pour la France

Samedi 7 Mai 2022 - 16:58

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De la même façon que nous avions anticipé ici même un résultat positif pour Emmanuel Macron à la veille du second tour de l’élection présidentielle en France, de la même façon nous prédisons ici que les élections législatives à venir – le 12 et le 19 juin prochains – ne verront pas s’installer au sein de l’Assemblée nationale une majorité stable sur laquelle le nouvel exécutif pourrait compter dans la mise en œuvre de son programme tout au long du nouveau quinquennat.  Et que, de ce fait, la France risque fort de sortir affaiblie, sinon même instable de ce nouveau grand scrutin.

Si nous évoquons ici cette question – nous ne sommes pas les seuls à le faire dans la sphère médiatique internationale –, c’est parce que dans le moment très particulier que vit le monde, l’affaiblissement durable d’une grande puissance ne peut que poser des problèmes difficiles à régler. Nous en avons la preuve ici même en Afrique, dans la région du Sahel tout particulièrement, où la présence des militaires français déployés sur le terrain afin de neutraliser les milices islamistes se trouve aujourd’hui fortement contestée par les gouvernants et même la population.

De ce qui précède ressort l’évidence selon laquelle le président Macron, réélu pour cinq ans, va devoir inscrire au cœur de sa diplomatie le renforcement des relations avec cette partie du monde. Non pas verbalement, diplomatiquement ou par des gesticulations mais de façon très concrète : autrement dit corriger les erreurs dramatiques que les présidents Nicolas Sarkozy puis François Hollande ont commises et que leur successeur n’a pas été capable de traiter avec ses homologues africains durant son premier mandat. Avec bien évidemment au cœur de ce dialogue la reconnaissance par la France de sa responsabilité dans l’effondrement de la Libye provoqué par l’assassinat de Mouammar Kadhafi, il y a dix ans, qui est lui-même à l’origine du désordre dont la population de l’immense région du Sahel-Sahara est aujourd’hui victime.

Des entretiens que l’on peut avoir à Paris sur ce sujet dans le moment présent sort le sentiment que cette analyse est partagée à de hauts niveaux de la sphère étatique française. Et que, par conséquent, le président réélu va devoir s’employer à resserrer les liens qui unissent depuis des siècles l’Afrique et la France. Mais le problème auquel Emmanuel Macron va inévitablement se heurter résulte, d’une part, du peu d’attention que porte à ce problème sa propre majorité et, d’autre part, du désordre politique qui risque de naître des élections législatives dans un mois. La partie, en effet, est loin, bien loin d’être jouée comme le montre la très maigre côte de confiance – à peine 34 % des Français selon les résultats publiés jeudi dernier par le  baromètre Elabe – dont jouit la plus haute autorité de l’Etat.

Le resserrement des liens avec l’Afrique étant de façon claire l’un des enjeux majeurs, décisifs, du nouveau quinquennat, l’on ne saurait trop conseiller au président tout juste réélu de confier cette tâche à des femmes et des hommes sûrs, compétents. C’est, en effet, ainsi que le général de Gaulle, Georges Pompidou, Jacques Chirac et même François Mitterrand ont procédé lorsqu’ils détenaient le pouvoir mais que leurs héritiers politiques se sont avérés incapables de poursuivre.

Jean-Paul Pigasse

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