Vient de paraître : « Mwènè » de Jauste Boussou

Jeudi 27 Août 2026 - 16:12

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Jeune ingénieur et écrivain engagé dans la préservation de la culture ancestrale, Jauste Boussou propose une plongée au cœur des traditions du Congo, avec la sortie de son dernier livre dédié au titre honorifique de « Mwènè - Gardien de la terre, Bâtisseur de la nation ». L’ouvrage, publié depuis le 1er août en France, interroge la signification profonde de cette fonction souveraine et son rôle dans les sociétés d’Afrique centrale.

 

À travers son essai, Jauste Boussou met en lumière l’histoire du « Mwènè » décrit comme un gardien de la terre, un protecteur de la communauté et un garant de la justice. Il rappelle que cette institution s’inscrit dans la lignée des grandes civilisations ayant façonné la région, bien avant la période coloniale. De la genèse des peuples bantous aux origines des peuples mbochis, en passant par l’histoire du Royaume Kongo, le livre souligne également l'étymologie du titre, qui renverrait à la notion de « celui qui pourvoit aux besoins du peuple » dérivé des termes linguistiques Kongo « Mwènè Kongo » et mbochis « Mwènè ».

Pour Jauste Boussou, écrire sur ce sujet constitue un acte de résistance culturelle face à l’oubli. Ce n’est pas une simple démarche nostalgie mais un acte de résistance culturelle. « Pendant des siècles, l’Afrique a été le théâtre de l’une des plus grandes supercheries historiques et culturelles de l’humanité. Sous le prétexte d’une prétendue mission civilisatrice, l’entreprise coloniale ne s’est pas contentée d’occuper les terres et de piller les richesses politiques et économiques ; elle a cherché, de manière beaucoup plus pernicieuse, à séparer les peuples africains de leur propre souffle, de leur substance et de leur dignité profonde », a-t-il expliqué, dénonçant le mépris dont ont été victimes les systèmes de gouvernance traditionnels. Il invite la jeunesse à se réapproprier le patrimoine pour construire l’avenir.

Jeancil Gambou, activiste culturel et préfacier du livre, a rappelé que les nouvelles générations ont trop souvent ignoré les trésors dont elles héritent « alors que nos sages, gardiens du temple, détiennent encore les clés de notre identité ». Ce livre est, selon lui, un pont jeté entre ces deux mondes et s’inscrit pleinement dans la vision du chef de l’État illustré dans son projet de société qui prouve que « la modernité et la tradition peuvent marcher d’un pas pour bâtir un congo prospère », a déclaré l’activiste Jeancil Gambou.

Le but du titre, a indiqué l’auteur, est de redonner ses lettres de noblesse au « Mwènè » et de lever le voile sur l’ignorance ainsi que des préjugés qui l’entourent afin de rappeler à la jeunesse africaine qu’elle est l’héritière d’une grandeur qui ne demande qu’à être réhabilitée. « Écrire sur le mwènè , c’est répondre aux questionx qui conditionnent notre avenir : qui sommes-nous et d’où venons-nous ? Et sur quelles fondations choisissons-nous de bâtir l’Afrique de demain? », s'est-il interrogé. Alliant recherches historiques et traditions orales, cet ouvrage se veut une invitation à redécouvrir la richesse du patrimoine congolais.

Jauste Boussou est à son troisième ouvrage après son premier, « De l’ombre à la lumière, l’héritage de mon père », et « Prince de Mbaya , parcours, pensée et héritage d’un intellectuel africain ». Parallèlement à son engagement littéraire, il est membre de l’Association des jeunes unis pour le développement de l’entrepreneuriat. Cette association qui rassemble les jeunes autour de la promotion de l’entrepreneuriat organisera une campagne d’adhésion à Pointe-Noire, en octobre prochain, avec pour objectif de s'étendre sur l’ensemble du territoire national.

Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

Les pages de couverture du livre " Mwènè" / Adiac

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