Opinion

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Gain de cause

Mercredi 1 Septembre 2021 - 20:15

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Plutôt satisfaits. Au sortir de la concertation qu’ils ont eue, le 27 août, avec le ministre d’Etat, ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, Alphonse Claude N’Silou, représentant le Premier ministre en mission en France, les responsables de l’intersyndicale des transporteurs routiers ont salué un aboutissement heureux. Le dialogue l’a emporté sur le raidissement et leur grève projetée pour lundi dernier a été annulée. On peut noter la diligence dont le gouvernement a fait preuve, et en même temps la compréhension des partenaires sociaux de ce secteur d’activités. Une grève de deux jours, chacun en convient, aurait eu des conséquences fâcheuses sur le quotidien des Congolais.

A l’origine de l’avis de grève qu’ils avaient diffusé accompagné d’une interjection « Trop, c’est trop ! », comme s’ils en avaient assez d’être peu entendus, les transporteurs dénonçaient, entre autres faits, la limitation du nombre de passagers à bord des bus et taxis, mesure prise par les pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre la pandémie de covid-19. Elle leur prive de recettes à hauteur de celles espérées par jour et serait à l’origine de démêlés entre employés et employeurs. Ils regardent surtout du mauvais œil que de l’autre côté, leur rival public, qui exploite les bus communément appelés « Mal à l’aise », charge sans limite à longueur de journée. Du deux poids, deux mesures qui leur fait parler davantage.

Pour ne parler que de ce point, parce qu’il touche au plus près les usagers, et non pas de ceux portant sur les frais de permis de conduire ou la suspension des postes de pesage, plus techniques et impliquant d’autres acteurs, revenons un tout petit peu sur le propos d’un des chefs reçus par le ministre N’Silou. Faisant le point des discussions entre les deux parties, le syndicaliste faisait le lien entre le phénomène dit de demi-terrains et l’entrée en vigueur de la mesure limitant les places occupées dans les bus et taxis. Il peut être certain qu’une telle lecture ne tient pas compte de l’antériorité des demi-terrains, pratique qui consiste à sectionner les itinéraires sur les trajets des grandes villes, dont évidemment la capitale Brazzaville. On verra que le jour où cette mesure « barrière » sera levée, les choses ne changeront quasiment pas.

A la vérité, le secteur des transports en commun est celui dans lequel règne un grand laisser-aller. Ceux qui pâtissent de cette absence de régulation, ce sont bien les usagers car ils ne savent sur qui compter pour espérer avoir gain de cause. Aussi longtemps que le service public ne se dotera pas de suffisamment de moyens de transport à Brazzaville et Pointe-Noire, le phénomène des demi-terrains aura de beaux jours devant. Et comme ils savent le faire, les exploitants privés profiteront du vide de la concurrence publique pour aller leur chemin. Au moins, on peut projeter qu’à échéances régulières, eux et le gouvernement trouveront un terrain d’entente pour qu’une grève aux conséquences imprévisibles sur l’activité de la vendeuse de légumes ou de manioc, sur la route de l’élève et de l’étudiant, ne vienne troubler la quiétude de la ville.

Les Dépêches de Brazzaville

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