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L'indispensable dialogue

Samedi 3 Décembre 2022 - 15:15

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L’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est voué aux violences armées depuis bientôt trente ans. On peut situer le début de la déstabilisation active de ce pays à partir de l’éclatement de la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo en 1996. Trente ans ? Le bon calcul est plutôt vingt-six ans durant lesquels, aucune perspective de sortie de crise ne semble poindre à l’horizon malgré les efforts des autorités rd-congolaises, malgré le déploiement en 1999 de l’une, sinon la plus importante mission de l’ONU dans un Etat tiers.

A l’interne, comme à l’international, en fonction des défis auxquels ils sont confrontés, des intérêts en jeu, les Etats peuvent privilégier la manière forte pour se défendre ou défendre leur souveraineté. Ils peuvent aussi être inspirés de ne pas fermer les portes du dialogue, surtout s’il se trouve des facilitateurs pour en assurer le relai. C’est cette dernière option moins coûteuse en vies humaines qu’a choisie l’Union africaine (UA) en désignant le président angolais, Joao Lourenço, comme médiateur à l’effet d’obtenir un rapprochement de vues entre la RDC et le Rwanda. Les deux pays sont, en effet, sur le pied de guerre depuis que le mouvement rebelle du 23 mars 2009, le M23, a repris les armes dans le Nord-Kivu.

Désignant son voisin comme étant le parrain de cette (re)montée en puissance d’une rébellion qui avait été « défaite » il y a quelques années, la RDC a décrété la mobilisation de sa population pour ne pas laisser un seul pouce de son territoire échapper à son contrôle. Dans le pays, en dépit des échéances électorales de l’année prochaine, source de rivalités entre acteurs politiques, on observe une sorte d’union sacrée de la nation contre ce que Kinshasa appelle une agression terroriste extérieure. Ce que rejette Kigali pour qui la crise à l’Est de la RDC est une affaire intérieure. Le dialogue de sourds prenant corps entre les deux pays, la diplomatie tente de se maintenir à flots.

En dehors de l’initiative de l’UA évoquée plus haut, la région africaine des Grands Lacs à laquelle appartiennent la RDC et le Rwanda a désigné le fraîchement ancien président du Kenya, Uhuru Kenyatta, comme médiateur. Le 23 novembre, aux côtés des présidents angolais, burundais, rd-congolais et du ministre rwandais des Affaires étrangères, Uhuru Kenyatta a pris part au mini-sommet de Luanda qui s’est conclu par une déclaration appelant au cessez-le-feu, enjoignant le M23 à déposer les armes et à se retirer des positions qu’il a conquises depuis.

Les observateurs n’ont pas accordé beaucoup de chance au succès à ces préconisations en invoquant l’absence de représentants du mouvement rebelle, et du président Paul Kagamé dont le pays, cela est souligné plus haut, est accusé ouvertement d’inspirer le M23. L’autre question lancinante à l’Est de la RDC concerne la présence de nombreuses forces dites négatives nées dans la confusion de la fin de la décennie 1990 et ayant prospéré sur la délique.scence de l’autorité publique dans cette partie du pays pendant une trop longue période.

Au tout début de son mandat présidentiel appelé à être renouvelé en décembre 2023 au cours d’élections générales, Félix Tshisekedi était parvenu à un apaisement prometteur avec son homologue du Rwanda, Paul Kagamé. Tous les deux semblent jusqu’à preuve du contraire les seules autorités capables de ramener l’accalmie à leurs frontières communes et promouvoir une coopération mutuellement avantageuse pour leurs nations respectives. Pourvu qu’ils se parlent

Gankama N'Siah

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