Xénophobie en Afrique du Sud : le Congo rapatrie ses ressortissants

Lundi 6 Juillet 2026 - 10:30

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La première vague de 65 Congolais expulsés de l’Afrique du Sud est arrivée à Brazzaville le 5 juillet par un vol spécial de la société ECAir. A leur arrivée à l’aéroport international Maya-Maya, ces hommes, femmes et enfants ont été accueillis par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso.

Le gouvernement congolais procède depuis dimanche au rapatriement volontaire de ses compatriotes résidant en Afrique du Sud, suite aux violences xénophobes qui secouent actuellement le pays de Nelson Mandela. Accompagné des ministres en charge des Transports, Josué Rodrigue Ngouonimba; de la Coopération internationale, Denis Christel Sassou N’Guesso, et des Affaires sociales, Lydie Pongault, le chef du gouvernement a souhaité bon retour sur leurs terres aux Congolais en provenance de Johannesburg. 

« Vous voici enfin rentrés chez vous en toute sécurité. Je suis heureux en vous recevant en compagnie du coordonnateur résident des agences du système des Nations unies. On est mieux chez soi. Vous êtes chez vous et vous devez vous sentir mieux chez vous. Parce que nous avons suivi avec une très grande inquiétude, les épreuves que vous avez traversées ces derniers temps en République Sud-africaine », a déclaré Anatole Collinet Makosso.

Selon lui, les actes de violence et de xénophobie qui ont été menés à l'encontre des communautés étrangères, particulièrement des communautés africaines, sont à déplorer. « La République Sud-africaine est un pays ami, un pays frère, on peut se permettre de le dire.  Nous déplorons ces actes et nous avons foi que nos frères Sud-Africains vont vite se ressaisir et renouer tout de suite avec les valeurs de paix, d'unité, de solidarité chères à nos dirigeants africains et chères à leur dirigeant charismatique, Nelson Mandela », a esperé le Premier ministre.

Il a également rappelé que dans le but de soutenir ses compatriotes dès les premières heures de la crise, le président de la République avait instruit le gouvernement, notamment la diplomatie congolaise de prendre toutes les dispositions nécessaires pour identifier les Congolais se trouvant sur le sol Sud-africain, pour assurer leur sécurité et surtout leur retour volontaire au pays. Un travail bien réalisé par les cadres de l'ambassade du Congo en Afrique du Sud, ainsi que ceux du ministère des Affaires étrangères pour protéger leur « intégrité physique, morale ».

Des rapatriés sollicitent un accompagnement des pouvoirs publics

« C'est l'expression d'une République qui n'abandonne jamais ses ressortissants, ses fils, à leur triste sort. Nous voulons simplement vous assurer que les dispositions ont été prises pour vous mettre dans de bonnes conditions en attendant que les familles aient des possibilités de vous accueillir. Le gouvernement s'engage aussi à vous accorder un accompagnement psychosocial, parce que nous imaginons que vous avez abandonné beaucoup de projets de vie derrière vous. Il sera à vos côtés pour réfléchir avec vous sur des voies et moyens de votre réinsertion, de votre accompagnement, parce que le pays a aussi besoin de vous », a assuré Anatole Collinet Makosso, précisant que la protection des Congolais est une priorité pour le gouvernement.

S’appuyant sur les dispositions de la Constitution, le chef du gouvernement a indiqué qu’aucun Congolais ne doit se sentir obligé de vivre hors de son territoire. D’après lui, l'article 22 de la loi fondamentale donne à chacun la possibilité d'aller et de revenir. « On ne peut s'établir à l'étranger que sur la base des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme ou du Pacte international pour la paix civile, qui donne la possibilité à tout Congolais de s'établir sur n'importe quelle partie du territoire, dans n'importe quel pays, pour des raisons d'études, de travail ou d'autres raisons. Donc, nous avons aussi besoin de vous et nous travaillerons pour que toutes les compétences, les aptitudes soient mises à contribution pour le développement de notre pays », a-t-il conclu.

Parmi les 65 Congolais en provenance de Johannesburg, il y a Jean Bruno Mankou qui a quitté son pays d’origine depuis 22 ans. Marié à une Sud-Africaine, il est père de quatre enfants, tous restés avec leur mère. « C’est vraiment très inquiétant; parce que j'ai laissé quatre enfants là-bas. La façon dont ils nous ont chassés, vraiment ce n'est pas normal, cela m'a laissé beaucoup de choc. Ils ont la haine même chez les enfants. J’ai réconforté les enfants que ce qui est arrivé, est arrivé, vous n'allez pas me suivre, parce que vous êtes encore à l'école », a-t-il témoigné, affirmant que tout n’est pas rose en Afrique du Sud. D’où ce cri de cœur : « Si le gouvernement peut nous aider peut-être en nous donnant des emplois s'il y en a, ce sera bien. Et s'il n'y en a pas d'emplois, qu’il nous accorde même une petite somme qui va nous permettre de redémarrer la vie ».

Notons qu'une deuxième vague, plus importante que la première des Congolais en détresse en provenance de Cape Town, est attendue ce lundi après-midi à Brazzaville.

 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

1- Le Premier ministre accueillant les expulsés à l'aéroport / DR 2- Des Congolais expatriés remplissant les formalités / DR 3- Une vue des enfants en détresse en provenance de Johannesburg /DR

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