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Le numérique au service d'un Congo plus performant, plus souverain et plus proche de ses citoyens

Mardi 28 Juillet 2026 - 18:15

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Le développement d'un pays ne se mesure plus seulement au nombre de routes, de ponts ou de kilomètres de fibre optique qu'il construit. Il se mesure aussi à la qualité de son administration, à la simplicité de ses services publics, à la confiance entre l'État et les citoyens et à sa capacité à tirer parti du numérique et de l'intelligence artificielle. C'est cette conviction qui m'a conduit à rejoindre l'équipe du ministre Frédéric Malik Nguéma Nzé et qui guide aujourd'hui notre action.

Je suis né au Congo. J'ai grandi à Pointe-Noire, où j'ai effectué toute ma scolarité jusqu'au baccalauréat. Comme beaucoup de jeunes Congolais de ma génération, j'ai ensuite poursuivi mes études en France, avec l'idée que partir permettait d'apprendre, de découvrir d'autres méthodes et, un jour, de revenir pour contribuer au développement de mon pays.

Au fil des années, j'ai eu la chance de travailler à l'intersection de la technologie, des politiques publiques et du développement économique. J'ai accompagné des gouvernements africains, des organisations internationales et de grandes entreprises dans leurs projets de transformation numérique. J'ai participé à la construction de stratégies nationales, au déploiement de services publics numériques, au développement d'écosystèmes d'innovation et à l'élaboration des premières politiques publiques en matière d'intelligence artificielle en Afrique. Ces expériences m'ont conduit à voyager, à observer et à comparer.

J'ai vu des pays qui ne disposaient pas de ressources naturelles exceptionnelles devenir des références mondiales grâce à la qualité de leur administration. J'ai vu des États profondément transformer leur relation avec leurs citoyens grâce au numérique. J'ai aussi vu des projets échoués, non pas parce que la technologie était mauvaise, mais parce qu'ils avaient oublié l'essentiel : une transformation réussie repose avant tout sur une vision claire, une gouvernance efficace sur des femmes et des hommes capables de travailler ensemble.

Une conviction s'est progressivement imposée à moi : la technologie n'est jamais la finalité. Elle n'a de valeur que lorsqu'elle améliore concrètement la vie des citoyens.

Lorsque le ministre Frédéric Malik Nguéma Nzé m'a proposé de rejoindre son équipe, je n'ai pas accepté une fonction. J'ai accepté une responsabilité.

J'ai retrouvé chez lui une conviction que nous partageons profondément : le numérique ne doit pas être considéré comme un secteur supplémentaire de l'action publique. Il doit devenir un accélérateur de transformation pour l'ensemble de l'État.

Nous avons beaucoup parlé avant la  mission. Et ce qui m'a convaincu, ce n'est pas la perspective d'un poste. C'est une vision.

Pendant longtemps, le développement s'est mesuré au nombre de kilomètres de route construits, de ponts, de barrages ou de réseaux de télécommunications. Toutes ces infrastructures restent essentielles et notre pays a réalisé des progrès considérables dans ce domaine. Mais le monde change.

Aujourd'hui, les pays qui progressent le plus vite sont aussi ceux qui investissent dans leurs infrastructures immatérielles : la qualité de leur administration, la circulation de l'information, la confiance entre l'État et les citoyens, les compétences de leur jeunesse, la valorisation de leurs données et leur capacité à utiliser l'intelligence artificielle pour mieux décider. Le Congo possède des atouts exceptionnels.

Nous sommes au cœur de l'Afrique centrale. Nous disposons d'une population jeune, d'une stabilité précieuse, d'importantes ressources naturelles, de la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et d'un potentiel humain considérable.

Pourtant, nous savons aussi que trop de citoyens renoncent parfois à une démarche administrative, parce qu'elle est trop longue ou trop complexe. Trop d'entrepreneurs consacrent une énergie considérable à accomplir des formalités plutôt qu'à développer leur activité. Trop de décisions publiques sont encore prises sans pouvoir s'appuyer sur toutes les données disponibles. Et trop de jeunes talents quittent le pays faute d'opportunités à la hauteur de leurs compétences. Je suis convaincu que ces défis ne sont pas une fatalité. Ils représentent, au contraire, une formidable opportunité de transformation.

C'est cette conviction qui est au cœur de la feuille de route que le ministre a souhaité construire dès sa prise de fonction. Cette feuille de route repose sur cinq ambitions stratégiques :

1. Renforcer les recettes publiques

Le Congo doit mieux financer son développement en modernisant la collecte des recettes de l'État. Aujourd'hui, une grande partie des paiements liés aux services publics est encore réalisée en espèces, ce qui favorise les pertes de recettes et la fraude. Notre priorité est de digitaliser les paiements et la collecte des recettes afin de mieux tracer les transactions, de sécuriser les revenus de l'État et d'améliorer la transparence.

2. Transformer les services publics

Les citoyens et les entreprises doivent pouvoir accéder plus facilement aux services publics. Obtenir un acte de naissance, un passeport, un casier judiciaire ou créer une entreprise ne devrait plus être un parcours du combattant. Notre ambition est de digitaliser les principaux services publics dans les deux prochaines années afin de simplifier les démarches, réduire les délais et améliorer la qualité du service.

3. Construire les fondations numériques de l'État

Aujourd'hui, les administrations travaillent souvent avec des systèmes qui ne communiquent pas entre eux. Nous voulons construire les fondations communes de l'État numérique : une identité numérique sécurisée, une plateforme d'échange de données entre les administrations et un réseau national de paiement. Ces outils permettront de mieux partager l'information, d'éviter les doublons et d'offrir des services publics plus efficaces.

4. Affermir la souveraineté numérique

Le Congo doit développer ses propres capacités dans les domaines des données, de la cybersécurité et de l'intelligence artificielle. Ces technologies permettront de mieux répondre à nos priorités nationales, qu'il s'agisse de l'éducation, de la santé, de l'agriculture, des mines ou de la protection de notre patrimoine forestier. Elles s'appuieront sur des centres de données souverains et un dispositif national de cybersécurité.

5. Développer une économie numérique locale

La transformation numérique doit d'abord créer de la valeur et des emplois au Congo. Nous voulons faire émerger un écosystème d'entreprises et de startups capable de développer une part croissante des solutions numériques utilisées par l'État. Cette ambition reposera sur la formation des talents, le soutien à l'innovation, des partenariats avec le secteur privé, la modernisation des bureaux de poste et la création de nouvelles opportunités pour les développeurs et les entrepreneurs congolais. Ces cinq ambitions se déclinent concrètement en neuf programmes structurants :

1. Modernisation des recettes publiques : améliorer la collecte et la transparence des recettes de l'État, avec un potentiel de recettes fiscales significatif.

2. Services numériques de l'État : digitaliser les services publics prioritaires pour les citoyens et les entreprises, à commencer par une première vague de services (Etat civil, passeport, casier judiciaire, création d'entreprise, etc.).

3. Architecture et digital public infrastructure : poser les fondations communes de l'État numérique : identité numérique, interopérabilité entre administrations et paiements.

4. Infrastructures et data center national : développer une infrastructure souveraine d'hébergement et de connectivité, avec des centres de données de niveaux 3 et 4.

5. Intelligence artificielle et gouvernance des données : renforcer le pilotage de l'action publique à partir des données, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'agriculture.

 6. Cybersécurité, SOC et CERT nationaux : consolider la résilience numérique du pays grâce à la mise en place d'un centre national de sécurité opérationnelle.

7. Innovation, startups et emplois numériques : développer l'écosystème numérique congolais et renforcer la part de technologies développées localement.

8. Transformation gouvernementale : moderniser les processus internes de l'administration.

9. Modernisation du secteur postal : repenser le secteur postal, notamment via les bureaux de poste, en points d'accès de proximité aux services numériques.

Notre ambition n'est pas de digitaliser l'administration pour le plaisir de digitaliser. Notre ambition est de rendre l'administration plus simple, plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens. Cette ambition dépasse largement le ministère des Postes, des Télécommunications et de l'Économie numérique. Elle concerne l'ensemble du gouvernement.

C'est pourquoi je me réjouis que cette transformation soit désormais portée dans un cadre interministériel placé sous l'autorité du Premier ministre et coordonné par le vice-Premier ministre chargé de la coordination des infrastructures et de l'aménagement du territoire. Une réforme de cette ampleur ne peut réussir que si elle est portée collectivement. Le rôle de notre ministère n'est pas de remplacer les autres administrations ; il est de créer les conditions pour qu'elles travaillent ensemble, partagent une vision commune et s'appuient sur des fondations numériques communes. C'est précisément l'esprit de la task force nationale instituée par le Gouvernement.

C'est également dans cet esprit que, dès nos premières semaines de travail, nous avons choisi d'aller à la rencontre des équipes de nos agences sous tutelle — l'Aden, l'ARPCE, l'Anssi, l'ACSI, Congo Télécom et les autres acteurs de notre écosystème. Avant de lancer de nouveaux projets, nous voulions écouter, comprendre les initiatives déjà engagées et construire ensemble une méthode de travail fondée sur la confiance, la complémentarité et l'exécution.

Notre récent déplacement en Chine a renforcé cette conviction. Nous y avons constaté que l'intelligence artificielle est en train de transformer profondément les administrations, les entreprises et les économies. Mais nous en sommes revenus avec une idée simple : le Congo ne doit pas chercher à copier un modèle. Il doit construire le sien en nouant des partenariats ouverts avec les meilleurs acteurs internationaux, tout en développant ses propres compétences, talents et souveraineté technologique.

Au fond, si j'ai accepté cette mission, ce n'est pas parce que je crois au numérique. J'ai accepté cette mission parce que je crois au Congo. Je crois en sa jeunesse. Je crois en la capacité de son administration à se transformer. Je crois que nous pouvons bâtir un État plus efficace, plus juste et plus proche des citoyens. Et je crois surtout que le véritable succès de cette réforme ne se mesurera ni au nombre de plateformes mises en ligne ni au nombre de serveurs installés, mais au jour où un citoyen dira simplement : « Aujourd'hui, mes démarches avec l'administration sont enfin devenues simples ».

C'est cette ambition qui guide chacune de nos décisions. Et c'est sur cette ambition que le ministre Frédéric Malik Nguéma Nzé et toute notre équipe accepteront d'être jugés.

 

 

 

 

Kô Goma, directeur de cabinet du ministre des Postes, des Téléco

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Édition Quotidienne (DB)

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