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Samedi 1 Mai 2021 - 19:06

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Joe Biden, le président des États-Unis, a mis à exécution sa décision de retirer progressivement, à partir du 1er mai, les soldats américains d'Afghanistan. Ces derniers stationnent dans ce pays depuis 2001quand Washington décida de partir à la traque d'Oussama Ben Laden, l’inspirateur présumé des terribles attentats du 11 septembre qui firent vaciller la première puissance mondiale. En 2011, l’ennemi public numéro 1 des Etats-Unis fut tué par un commando dans sa cachette d’Abbottabad (Pakistan) et son corps précipité pour de bon dans les profondeurs de l’océan Atlantique.  

Sur le terrain, les Américains rejoint par leurs alliés de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) ont longtemps combattu les Talibans qu'ils venaient auparavant de chasser du pouvoir à Kaboul. Avec le retrait concomitant et complet de toutes les forces occidentales déployées dans ce pays promis pour avant la date symbolique du 11 septembre prochain, cette guerre d'usure, comme l’Afghanistan en est coutumière, connaît une plus qu’incertaine.

En effet, au bout de vingt-ans de siège, mis à part la disparition du chef d’Al Qaeda, Oussama, la mission de débarrasser l'Afghanistan des Talibans en la démocratisant n'a pas totalement pris. Bien sûr que des efforts colossaux ont été accomplis dans ce sens. Du régime autoritaire de Naji Bula alors soutenu par l'ex-Union soviétique à celui tout aussi totalitaire des Talibans, les Afghans ont pu expérimenter la fréquentation des urnes pour élire leurs représentants au cours d’élections pluralistes.

Contesté chaque fois par les perdants mais validé par les facilitateurs occidentaux pour des raisons stratégiques évidentes, le processus électoral dans une Afghanistan peuplée de quelque 38 millions habitants (2019) a favorisé une haletante accalmie. Au fond, pour dire les choses clairement, ce pays n'a pas recouvré la quiétude depuis plusieurs décennies. Le retrait acté des troupes étrangères a aiguisé les soifs conquérantes des Talibans.

Jamais si loin du champ de bataille, ces combattants talibans aguerris par des épreuves meurtrières attendent sans doute le départ du dernier soldat étasunien et « otanien » pour asséner le coup de grâce au régime en poste à Kaboul. Ce à quoi la population civile exposée aux violences sans fin, répond par l'angoisse et la peur. Elle se sent abandonnée par des alliés qui leur avaient promis la sécurité et le développement. Et là-dessus les mises en garde du chef de la Maison Blanche, qui appelle les Talibans à tenir leurs « engagements antiterroristes » sonnent comme un aveu de dépit.

Les Afghans pourront-ils s’asseoir autour d’une table pour dialoguer et envisager le partage du pouvoir qui leur fait tant s’entredéchirer ? C’est la question essentielle à laquelle ils seraient bien inspirés de répondre si tant est qu’ils se rendent à l’évidence que le salut pour leur pays, ils le trouveront en comptant sur eux-mêmes.

Gankama N'Siah

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