Ateliers Sahm : quinze artistes exposent jusqu’en mi-décembre

Mardi 1 Décembre 2020 - 17:26

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le centre d’art contemporain a inauguré, début octobre, son nouveau siège situé dans le deuxième arrondissement de Brazzaville, Bacongo, à travers une panoplie d’activités dont l’exposition-peinture collective. Cette initiative à découvrir jusqu’en mi-décembre met en valeur quinze artistes au talent diversifié et inouï, tous membres des ateliers Sahm.

Quinze peintres ; genres confondus, débutant et confirmés dans une technique associant acrylique sur toile par ici, collage par-là, tissage et couture par là-bas, installation de l’autre côté et un style propre à chacun ou prêtant à confusion à quelques exceptions ; ont pris position selon la sensibilité ou le rapprochement qu’ils ont d’un sujet ou de l’actualité pour s’exprimer. Parmi les artistes ayant donné vie à cette exposition figurent Alegra Nicka, Sardoine Mia, Punch Mack, Artmel Mouy, Vanessa Manta, Penath Kibembe, Teska Konongo, Sarah Paule Nkoukou, Girel Ganga, Obed Nkondi, etc.

De cette exposition mosaïque marquant l’inauguration de la nouvelle galerie et du nouveau site du centre d’art contemporain, des ateliers Sahm se dégagent particulièrement la symbiose et l’unicité de l’art. L’idée du beau y trône à travers des œuvres insolites et force est de constater l’étendue de la créativité de ces jeunes artistes qui pour parler « art » se sont créé un nouveau monde avec ses propres lois, son propre langage, ses propres ressources et sa propre réalité. 

« Cette exposition est l’expression d’une jeunesse vivante, vibrante et ouverte à un monde où preux, gueux et pieux habitent un même toit », en pense Thales Zokene, critique d’art, comédien, slameur et conteur congolais. A ce propos, plusieurs thématiques ont été abordées pour cette vitrine picturale haut en couleur : la pollution ; la corruption ; l’enracinement culturel ; la recrudescence des mutuelles ; la hantise ; la peur…

La covid-19 au service de la créativité

En dépit de la panoplie des thèmes abordés, la plus inspirante a été celle de la pandémie du coronavirus. Pour Alegra Nicka, artiste congolaise pluridisciplinaire et participante à l’exposition, « la crise sanitaire mondiale liée à la Covid-19 a soudainement stoppé la plupart des rendez-vous culturels et artistiques au Congo. Ces annulations massives ont eu des conséquences néfastes dues à la crise économique engendrée par la pandémie dans notre pays... »

Ainsi, à travers cette exposition, on peut découvrir sa toile réalisée pendant la période de confinement qui s’intitule « Tous les coups sont permis ». Ce tableau présente le scénario de ce qui s’est passé et où tout le monde participe pour faire chuter le coronavirus, tant la religion, la médecine qui joue un rôle très important dans ce combat, que le fétichisme et la population. En bref, tout le monde est contre le virus et essaie de le faire tomber. A en croire Alégra, c’est vraiment une lutte pour tout le monde et personne n’y échappe.

Par ailleurs, il y a l’artiste Girel Ganga qui se démarque avec son tableau « Buluyéké », signifiant confusion, désordre ou trouble. Ce dernier peint le chamboulement de l’humanité face à la crise de la pandémie de coronavirus. L’artiste-peintre Emmanuel Nickson, quant à lui, s’est focalisé sur des teintes sombres pour exprimer l’ampleur et la terreur de cette pandémie. Pour l’occasion, il a présenté cinq tableaux dénommés « Confinement » (1, 2 et 3), « Couvre-feu » ainsi que « Challenges ».

Notons que l’inauguration du nouveau siège des ateliers Sahm s’inscrit dans la vision de permettre aux artistes de continuer à réaliser leurs projets et pour d’autres, forger leurs talents, malgré la crise sanitaire liée au coronavirus.

Merveille Atipo et Grace Merveille Ngapia (stagiaire)

Légendes et crédits photo : 

1- Quelques tableaux exposés au nouveau site des ateliers Sahm/Adiac ; 2- La toile « Buluyéké » de Girel Ganga/Adiac.

Notification: 

Non