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Chants et fleurs

Dimanche 2 Janvier 2022 - 11:44

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Samedi 1er janvier ont eu lieu à Pretoria, en Afrique du Sud, les obsèques de Desmond Tutu. Ses compatriotes et le monde entier ont rendu au premier Archevêque noir de la nation nommée arc-en-ciel à force de conviction, l’hommage du a son rang. Les jours précédant l'inhumation de l'illustre prélat anglican ont vu la succession de témoignages relatant les parcours de l’homme dont le combat contre le régime d'apartheid puisait dans les vertus de la non-violence et un fort entêtement motivé par la noblesse de celui-ci. 

Chants, fleurs et pleurs se sont alliés pour dire à Desmond Tutu qu'il était le symbole de ce qui manque tant à beaucoup d’hommes : le courage de savoir dire non tant que les engagements pris pour l'intérêt général ne sont pas remplis, tant que l’action que l’on mène ne satisfait pas le plus grand nombre de ses concitoyens. Il avait dit non à la ségrégation raciale dans son pays et gardait intact son discours sur le rejet des inégalités, même quand un pouvoir démocratique installé dans le courant des années 1990 prit la succession de celui du déni des libertés qui était en place depuis des décennies en Afrique du Sud.

Desmond Tutu savait rire à gorge déployée mais il pleurait en public pour honnir les iniquités. Sous l’apartheid, les larmes de l’homme de Dieu qu’il fut symbolisaient la certitude qu’un jour les ténèbres disparaîtront pour laisser la place à un soleil éclatant. Comme beaucoup de ceux qui, en Afrique et dans les autres parties du monde, espéraient cet aboutissement, la chute du gouvernement ségrégationniste d’apartheid couronna cette lutte de longue haleine maillée d’énormes sacrifices. Passer sa vie à réclamer la justice comme l’ont fait les héros de la lutte antiapartheid est un bel exemple d’humanité.

A 90 ans, l'ami de Madiba était le dernier de la génération des Sud-Africains marqués au fer par le côté imprévisible de l’être humain quand il est incapable de rejeter le totalitarisme. L’apartheid c'était, en effet, l’incarnation d’un absolutisme selon lequel les hommes ne comptaient pas tant qu’ils n’étaient pas vus tels quels par la société qui les accueille du fait de leur « mauvaise » couleur de peau. La raison a fini par triompher et ouvrir les yeux de ceux qui feignaient de ne pas voir l’éclat de lumière qui jaillit en chacun de nous, à savoir que malgré nos différences, nous sommes tous égaux.

S’ils se rencontrent, Desmond Tutu pourrait convier Nelson Mandela et tous leurs camarades de l’époque de l’apartheid à prier ensemble pour un monde meilleur. Pour une Afrique du Sud où Noirs, Blancs et Métis élèveront à l’unisson le chant de l’unité et de la cohésion nationale pour un bonheur partagé. Aux grands hommes, les grands destins, les grands hommages. Desmond Tutu faisait bien partie de cette grande famille-là.

Gankama N'Siah

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