Crise sanitaire : l’économie mondiale enregistre sa plus forte contraction depuis huit décennies

Lundi 19 Octobre 2020 - 18:35

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Dans son analyse des effets ravageurs de la pandémie de covid-19, la Banque mondiale (BM) a mis en garde contre la grave menace sur l’existence et les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables. Il faut craindre le plus l’exacerbation des inégalités et la détérioration des perspectives de croissance économique sur le long terme.

En RDC, une enquête réalisée en août 2020 par Élan RDC et Kinshasa Digital confirmait déjà que 45 % des ménages ont le sentiment que leur situation financière à long terme est susceptible d’être négativement influencée en raison de la covid-19. Autre révélation de l’étude, 55 % de mêmes ménages interrogés ont vu leur revenu baisser. Au moment où plusieurs pays à travers le monde prennent de nouveau des dispositions pour faire face à la deuxième vague épidémique, la question de l’impact de la pandémie de covid-19 sur l’activité économique continue de se poser avec acuité. Du côté des experts les plus pessimistes du Comité du développement de la BM, le monde court inexorablement vers une décennie perdue. Cette période, insistent-ils, « sera marquée par une croissance faible, un effondrement de nombreux systèmes de santé et d’éducation ainsi qu’une nouvelle série de crises des dettes souveraines ». Pour l’efficacité même de la riposte, la BM et le Fonds monétaire international ainsi que d’autres organisations doivent continuer à travailler avec les pays membres, les secteurs public et privé, les partenaires au développement locaux et bilatéraux et les organisations internationales.

Au dernier trimestre de l’année en cours, la BM a engagé déjà 45 milliards de dollars américains. Cette enveloppe devrait atteindre les 160 milliards d’ici à juin 2021. Parmi les chiffres débattus lors des assemblées annuelles des deux institutions financières internationales, il y a entre autres le passage de 110 à 150 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté d’ici à 2021. Bien entendu, il faut déjà à ce stade évoquer les implications incontournables sur le capital humain. Certains partenaires au développement n’ont pas hésité à appuyer financièrement l’enseignement à distance. La BM le fait par exemple dans soixante-cinq pays à travers le monde. En partenariat avec l’Unicef et l’Unesco, elle s’est investie dans la réouverture encadrée de plusieurs écoles. Il est important, insiste la BM, de « permettre au capital humain, à la main d’œuvre, aux compétences et à l’innovation d’opérer une transition vers un cadre d’activité différent après la crise de la covid-19 ». Il faut travailler énormément sur les projets axés sur l’urgence sanitaire : achat des masques et de matériels destinés aux services d’urgence et d’autres fournitures en lien avec la covid-19. Toutefois, la disponibilité rapide d’un vaccin serait la solution la plus adéquate pour rouvrir de nouveau le monde sans risque cette fois. Dès la découverte de ce vaccin, la BM a annoncé son intention de mettre 12 milliards de dollars américains à la disposition des pays en développement en vue de l’achat et de la distribution des vaccins.

Laurent Essolomwa

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