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De Dieu

Dimanche 28 Novembre 2021 - 12:25

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On retient parfois ce chœur de fidèles chantant à haute voix la louange de la béatitude et levant les yeux au ciel en quête de lumière. On retient ces appels à la réconciliation des cœurs car l’éclairage venu de là-haut apporte du réconfort. En effet, pour tous les humains, la vie ici sur terre ne signifie rien sans le regard bienveillant des autres. De Dieu on retient le pardon comme acte d'humilité devant le mal que l'on a pu faire à autrui car chez les humains, la tentation est toujours grande de ne pas pardonner, de penser du mal de son voisin, de ne pas effacer de sa mémoire les injustices subies parfois sans raison.

De Dieu on retient la joie. Comme l'autre jour, comme le 21 novembre dernier, au Stade Félix-Eboué, lors de l'installation du nouvel archevêque métropolitain de Brazzaville, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou. Ce jour-là, une dizaine de chapiteaux érigés pour la circonstance accueillaient dirigeants et fidèles de l'Eglise catholique accourus des quatre coins du Congo et de l’extérieur ; autorités politiques nationales avec à leur tête le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, venues témoigner que même si l'Eglise et l'Etat remplissent chacun son office, il ne leur est pas interdit de se parler et même de s'assister. On est tous enfants de Dieu et tous, à des degrés divers, agents de l’Etat.

Moment de célébrations mais aussi d'allocutions, ce 21 novembre 2021, tout à côté du lieu de la consécration de Mgr Manamika, on entendait sonner les cloches en la basilique Sainte-Anne, lieu marquant de l'Eglise catholique enraciné dans Poto-Poto, au cœur de la capitale congolaise. A 9 h 45 mn, on vit s’ébranler toute silencieuse mais impressionnante la procession des évêques, diacres et sœurs religieuses. Vu le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges si endimanchés, la messe en commémoration promise au succès a tenu ses promesses.

Nous avons parlé de discours. On retient de celui prononcé au tout début de la cérémonie par le chef des lieux sortant qu’il a servi à son autel en gardant de la distance avec les choses qui ne relevaient pas de l’Eglise. Mgr Anatole Milandou a exercé pendant vingt-ans à Brazzaville, une ville hantée par des musiques, celles de « bons vivants » dans les ngandas, celles des messes religieuses et celles des endroits plus feutrés, des officines et chancelleries qu’il faut écouter en ayant une oreille bien fine pour distinguer les notes, les euphonies et les destinations. L’aide apportée à l’Eglise catholique par l’Etat, les deux dernières décennies, le prélat l’a reconnue et saluée sans fausse modestie.

On retient de la prise de parole de l’archevêque entrant cette clarification qu’en tant que de besoin, l’église et l’Etat veulent partager : « Nous sommes chrétiens, restons chrétiens », a prêché l’homme de Dieu à l’adresse de ses frères et sœurs dans le Christ. C’est que de temps en temps, en raison de la place qu’elle occupe dans la société congolaise, de son influence dans le monde et peut-être de ses supplications, l’Eglise catholique a souvent suscité de la suspicion chez le politique. Parfois c’est une déclaration de l’assemblée œcuménique, parfois une homélie franchissant les murs de l’Eglise et le rang des fidèles faisant grand bruit dans la rue. Les fâcheries avec les institutions publiques dont l’Etat est l’incarnation naissent, vieillissent et, heureusement pour tous, s’estompent. Presque un droit normal à la chamaille, et pour l’essentiel, la vie continue.

Le 21 novembre, dans le dos des employés tout de bleu vêtus, chargés de distribuer de l’eau aux convives, on pouvait lire la célèbre exhortation du pape Jean Paul II : « N’ayez pas peur ». C’est peut-être ce qu’il convient de retenir de la vie de tous les jours. Pour le chrétien, pour le politique, comme pour le citoyen lambda. Et ajouter en toutes circonstances : « Ne perdez pas confiance ». De Dieu, on retient l’amour ; l’amour du prochain.

Gankama N'Siah

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