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Images rigides

Mardi 19 Avril 2022 - 13:30

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On a capturé un soldat aguerri par la tranchée où stationnait son unité décimée ; fait prisonnier un allié de poids de l’ennemi ; mis hors d’état de nuire un millier de miliciens, de mercenaires ou de légionnaires. On a relayé tout ceci dans des communiqués triomphants, alimenté les réseaux sociaux et les chancelleries. On n’a pas fini de compter les morts, d’estimer les disparus, mais on n’a pas dit non plus que cela s’arrêtera demain ou après-demain. Les moyens financiers, matériels et humains existent encore, les industries de fabrication des armes de tous calibres fonctionnent à plein régime supplantant celles qui développaient, il y a peu, les vaccins anti-covid-19. Le monde, notre monde va tel qu’il va. Au gré du conflit en Ukraine, et des agitations qu’il provoque.

Toutes ces images folles, rigides, tous ces discours martiaux témoignent que pour leurs intérêts, les pouvoirs établis sont capables du pire. Dans ce processus enragé, il paraît qu’il y a des Etats qui engrangent des dividendes énormes. A l’est comme à l’ouest de l’Europe, ailleurs en Amérique, en Asie et en Afrique, les bornes de la carte stratégique du monde bougent. En fonction de deux événements ayant eu lieu dans la plus prestigieuse arène diplomatique internationale léguée, heureusement, et aussi paradoxalement par la Seconde Guerre mondiale, les amis d’hier ont vu se creuser quelque distance entre eux, les ennemis aussi ont échangé le regard, parfois pour reconsidérer leurs rivalités d’antan, parfois pour les enraciner de plus belle. Vous l’avez sans doute deviné : les deux votes de l’Assemblée générale de l’ONU, des 2 mars et 8 avril.

Est-il lieu de citer par leur nom les pays mis en demeure de s’exprimer par le vote, le 2 mars, pour dire oui ou non si la guerre russo-ukrainienne était une bonne chose ? Est-il utile, pour ce qui a été de la votation du 8 avril, de se convaincre oui ou non si exclure un influent membre de la communauté des nations de son instrument de défense des droits de l’homme valait la peine ou pas ? Se mettre à classer les pays membres des Nations unies en rapport à ces deux votes ne règle aucun problème. Plutôt il faut souligner le fait que tels qu’ils se sont exprimés, ces pays ont montré qu’aucune partie de ceux qui composent l’Assemblée générale ne dispose d’instruments nécessaires pour empêcher les uns et les autres de prendre position. Les grandes puissances, les nations riches, comme les faibles ou plus pauvres comprennent que le monde est multipolaire.

Pourquoi ne pas considérer cette divergence de vues comme la voix à suivre pour trouver le juste milieu aux querelles que génèrent nos contradictions ? La guerre en Ukraine durera le temps qu’il faut mais elle finira par trouver une issue. Chacun la souhaite pacifique cette issue, quand bien même, cela va sans dire, les cicatrices de ce conflit seront profondes. A la fin de ce temps de la guerre, on sera amis ou non en fonction de la part que l’on aurait prise dans celle-ci. Les voix appelant à résoudre les guerres par le dialogue n’étant jamais aussi fortement relayées que celles prônant le jusqu’auboutisme, espérons qu’elles jailliront des champs de batailles ensanglantés et deviendront une raison d’espérer le retour à une paix durable entre Russes et Ukrainiens, entre les peuples du monde tout court. Nous avons besoin d’images plus radieuses autour de nous !

Gankama N'Siah

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