Littérature : présentation-dédicace de « L’entente de la mort » de Daniel Mizonzo

Samedi 29 Novembre 2025 - 6:40

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Le Centre d’études et de recherches chrétiennes (CERC) a servi, le 26 novembre, de cadre à la présentation-dédicace du nouvel ouvrage du Dr Monseigneur Daniel Mizonzo, « L’entente de la mort en phénoménologie philosophique », publié aux éditions AB Alke Bulan. Devant un public composé de responsables de l’Église catholique, d’universitaires, d’étudiants et d’amoureux de philosophie, la soirée a pris les allures d’une véritable « fête de la pensée », selon les mots du modérateur, le Pr Maxime Akanis.

 

En ouvrant la cérémonie au nom du directeur du CERC, le Père Médard Sané, l’orateur a rappelé la longue histoire qui lie l’auteur au lieu, « Monseigneur Mizonzo n’est pas nouveau au CERC. Revenir ici, c’est revenir en famille, revenir à ses premiers amours philosophiques ».

Cette filiation intellectuelle et spirituelle a donné un ton intime à la cérémonie, rythmée en plusieurs communications. Le premier regard sur l’ouvrage a été porté à distance par le Professeur Stève Gaston Bobongaud de l’Université catholique d’Afrique Centrale, qui n’a pas manqué de souligner l’exigence conceptuelle du texte. « La mort est un phénomène. Le phénomène mort se phénoménalise en se phénoménalisant », a-t-il rappelé, saluant en Mgr Mizonzo un « maître » qui lui a transmis « le goût de la passion philosophique ».

Le Professeur Florent Malanda, de l’université Marien-Ngouabi, a ensuite proposé un regard éthique nourri de l’ouvrage. « Un être qui vit doit mourir. Mais pour l’Africain, la mort n’est pas la dernière étape de la vie : elle la dépasse et la transforme », a-t-il dit dans sa communication. Il a montré comment l’auteur articule l’analytique heideggérienne du Dasein à la perception bantu où « les morts ne sont pas morts », et où la continuité entre visible et invisible fonde une autre manière de penser l’existence.

Le Professeur Auguste Nsonsissa, responsable du parcours doctoral de philosophie de l’université Marien Ngouabi, a pour sa part livré une lecture critique saluant « un travail qui élargit la phénoménologie vers une anthropologie philosophique de la mort », soulignant la capacité de l’auteur à « faire dialoguer Heidegger, Levinas, Derrida et l’univers symbolique bantu ».

Une œuvre pour dédramatiser la mort

Dans ce livre dense de 146 pages, Daniel Mizonzo explore la mort comme « possibilité de l’impossibilité de tout exister », selon Heidegger, puis montre comment l’héritage afro-bantu ouvre un autre horizon : la mort y apparaît comme passage, une relation, une continuité.

Le groupe interdisciplinaire de recherches sur l'église et la société, par la voix de son responsable, le Dr Abbé Crépin Gyscard Gandou D'Isseret, a salué « une contribution heuristique de haute facture », ajou­tant : « cette fête des mots est à la hauteur des sages conseils que vous ne cessez de nous donner ».

Lorsque la parole lui a été accordée, Monseigneur Daniel Mizonzo a exprimé sa gratitude à tous ceux qui l’ont toujours soutenu ans cette aventure et il a invité l’assistance à s’approprier l’ouvrage. « Mes amis, procurez-vous cet ouvrage… » a-t-il lancé avec simplicité, avant un riche échange avec le public.

La cérémonie s’est conclue par la séance de dédicaces, moment chaleureux où chacun a pu rencontrer et discuter avec l’auteur en vue de prolonger, par la lecture, cette méditation sur la mort qui n’interrompt pas la vie, mais l’accomplit autrement.

Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

1- L’auteur à l’extrême droite et les autres intervenants lors de la présentation de l’ouvrage/Adiac ; 2- Une vue du public/Adiac ; 3- La séance dédicace de l’ouvrage à l’honneur par son auteur/Adiac

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