Opinion
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DiplomatieMercredi 3 Août 2016 - 14:54 Il est clair, pour ne pas dire évident, que la multiplication des attentats sur le sol européen, l'aggravation continue des tensions au Proche et au Moyen Orient, la redistribution des cartes entre les grandes puissances à l’échelle de la planète confèrent à l'Afrique dans son ensemble une importance stratégique qu'elle n'avait pas jusqu'à présent. Et c'est ce qui explique l'attention croissante que porte sur elle la communauté internationale. Tout comme elles le firent au dix-neuvième et au vingtième siècle, mais dans un contexte radicalement différent puisque les peuples africains se sont affranchis, non sans mal, de leur pesante tutelle, les puissants de l’hémisphère Nord redécouvrent que notre continent occupe une place incontournable. Et, de ce fait, ils s'interrogent sur les méthodes qui leur permettront de nouer, ou de garder des relations privilégiées avec une communauté aussi vivante que diverse qui, à échéance d'un demi-siècle, regroupera le quart de l'humanité. Même si la route vers l'émergence reste semée d'obstacles qu'il ne sera certainement pas facile de franchir, l'Afrique a désormais toutes les cartes en mains pour prendre la place qui lui revient de droit dans la gouvernance mondiale, pour obtenir des nations qui l'exploitèrent sans vergogne des siècles durant les réparations qu'elles ont refusé jusqu'à présent de leur apporter, pour accélérer du même coup leur marche vers le développement durable. Mais elle n'y parviendra que si ses dirigeants présents prennent la mesure de sa puissance présente et du poids que celle-ci lui confèrerait s’ils décidaient de parler d'une seule et même voix face aux "Grands". Comme toujours en pareil cas ce ne sont pas les nations les plus grandes, les plus peuplées, les mieux loties par la nature qui prendront le devant en émettant des propositions concrètes sur ce sujet sensible. D'où l'idée, qui peut sembler farfelue, mais qui relève du simple bon sens, selon laquelle des pays comme le nôtre sont bien, très bien placés aujourd’hui pour lancer une initiative dans ce sens. Brazzaville fut en son temps le lieu où s’esquissa la libération de l'Europe. Pourquoi ne serait-elle pas demain le lieu où les Etats africains se retrouvent pour jeter les bases d'une communauté mieux adaptée aux réalités du temps présent ?
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