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En costume

Mercredi 2 Juin 2021 - 21:01

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Depuis sa première apparition publique, le 18 août 2020, celui que la presse appelle désormais l’homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta, avait habitué le monde à le voir en treillis, le cou enturbanné, le regard un peu lointain. Toujours flanqué d’un gilet pare-balles, il gardait une barbe de quelqu’un qui semblait avoir peu de temps pour s’en occuper.

Auteur du putsch ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Kéita, l’année dernière, l’officier a, le 30 mai, tronqué son uniforme militaire contre un costume sombre le temps d’un bref déplacement au Ghana. C’est, en effet, bien rasé qu’il était parti à la rencontre des dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest-CEDEAO-, convoqués à Accra, la capitale ghanéenne, pour examiner la situation créée par un second coup de force à Bamako en neuf mois.

Résultat des courses : le Mali est suspendu des instances de l’organisation sous-régionale. Une décision unanime qui laisse peu de chance à la junte militaire malienne et à son principal meneur de se faire pardonner cette nouvelle bravade. Par contre, si la CEDEAO, désormais suivie par l’Union africaine dans sa décision, prie les putschistes de nommer rapidement un civil à la tête du futur gouvernement, c’est qu’elle entérine en partie le fait que le colonel Assimi Goïta officie désormais comme nouveau président de la transition après l’éviction de son « ancien » Bah N’Daw.

Lors du sommet de la communauté ouest-africaine, Assimi Goïta n’avait pas été convié à prendre place aux côtés des chefs d’Etat et de gouvernement. A l’évidence, il lui faudra remplir un certain nombre d’exigences pour espérer un jour bénéficier de l’exception de figurer sur la photo de famille de ceux qui sont placés dans leurs fonctions actuelles à l’issue d’élections démocratiques. L’une de ses exigences serait qu’il se plie aux recommandations édictées plus haut en partageant le pouvoir avec les civils.

S’ajouteraient ensuite, suivant les priorités, le respect des engagements pour une sortie de ce régime d’exception dans les délais prescrits par la charte de la transition, le respect du partenariat avec le G-5 Sahel et la France dont les soldats campent au Mali depuis quelques années le doigt sur la gâchette. Le colonel Assimi Goïta a certainement été approché dans les coulisses du sommet des chefs d’Etat pour s’entendre répéter ces consignes. Au moins, pourrait-il finir la transition avec le statut d’ancien président de son pays et jouir des avantages qui y sont attachés.

Les Dépêches de Brazzaville

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