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La tranchée et l'image

Lundi 19 Septembre 2022 - 10:00

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On peut le dire du conflit en cours en Ukraine depuis bientôt sept mois. A côté des ravages que causent les canons de tous calibres utilisés par les forces russes et ukrainiennes, des pertes considérables en matériel et en vies humaines, il y a cette autre confrontation tout aussi redoutable que représente la guerre de l’image dans ce conflit.

D’un côté comme de l’autre, cette guerre-là fait rage. Encore que vu d’ici, je veux dire vu du Congo et d’Afrique, en raison de l’impact des bornages imposés aux médias dits pro-Moscou, la timbale de la « com » est forcément décrochée par Kiev. L’aide inestimable que lui apportent ses amis de l’Alliance atlantique est, en effet, à la fois militaire et médiatique.

Dans les plus grandes arènes sportives européennes, par exemple, banderoles et calicots aux couleurs de Kiev sont visibles. Ces soutiens imagés sont si variés qu’en milieu de semaine dernière, les plus hautes autorités de l’Union européenne avaient misé sur du jaune et bleu comme tenue officielle à l’occasion d’une sortie solennelle. On joue gros !

Sur le terrain, toujours la semaine dernière, les nouvelles du front étaient données favorables à Kiev. Ses soldats voleraient de victoire en victoire tandis qu’en face, d’après diverses sources, leurs adversaires reculeraient sans arrêt. Il avait été dit dans le même temps que les renseignements partagés par les services occidentaux aux Ukrainiens étaient plus que précieux dans cette course de reconquête.

Projetons-nous en de simples novices sur ce que nous réservent les semaines à venir. Il en reste en fait combien d’ici à la fin de l’année ? Globalement quinze à compter de ce 19 septembre, jour de mise en ligne de ce court papier d’amateur. Quinze semaines pour encore de nouvelles pertes de part et d’autre, de nouvelles images fortes, de nouvelles revendications de victoire, d’offensives et de contre-offensives fulgurantes ou non.

Ceci veut dire que beaucoup de drames pourront encore se passer. Les semaines restantes sont aussi celles durant lesquelles mère-nature déploiera son manteau de neige blanc et épais sur les territoires disputés par Kiev et Moscou et au-delà. Les experts prédisent le ralentissement de l’épreuve de force entre les belligérants, tout comme des changements de tactique au sol et dans les airs.

A la vérité, dans la situation incertaine que nous vivons, le miracle qui vaut d’être réclamé serait de voir poindre une lueur d’espoir de paix dans l’horizon brumeux de l’est de l’Europe. L’ennui vient de ce que personne sur le Vieux continent n’y songe vraiment. Tous, de Bruxelles à Londres et Washington, en commençant par Moscou et Kiev, semblent d’avis qu’il faut encore guerroyer et toujours guerroyer, qu’il y a encore suffisamment de temps pour cela. Comme s’il s’agissait dorénavant d’une guerre pour les honneurs, une guerre pour les opinions internes, une guerre orgueilleuse !

Gankama N'Siah

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