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Peuples et missiles

Samedi 28 Mai 2022 - 16:36

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À ceux qui doutaient encore des conséquences du conflit russo-ukrainien sur les relations internationales, les derniers développements de l'actualité mondiale ouvriront encore un peu plus les yeux. Qu'il s'arrête dans les mois à venir ou se déporte sur l'année prochaine, ce conflit a déjà dessiné la carte d’une confrontation à long terme, dans laquelle la première moitié de ce siècle embarque les États. 

Comme s'ils attendaient un déclic pour consolider leur amitié, les pays de l'Organisation de l'atlantique nord-0tan- ont, en effet, trouvé un prétexte à l’unité à travers la guerre déclarée à l'Ukraine par la Russie, le 24 février, sous couvert d'opération militaire spéciale de désarmement et de dénazification de son voisin. Une succession de diatribes entre Moscou et les capitales occidentales avait évidemment précédé ce recours aux armes par le chef du Kremlin. 

Souvenons-nous des accusations visant les services russes pour des délits ou crimes supposés d'empoisonnement d'opposants sur le sol européen. La crise éclatée à l'est de l'Ukraine en 2014, suivie de l'annexion de la Crimée par la Fédération de Russie, a quasiment préparé le terrain à l'escalade en cours. A un rythme effréné, des diplomates étaient expulsés de part et d'autre entre Russes, Européens et Américains donnant lieu à une exacerbation des tensions et à l'effondrement de la diplomatie.

L'Otan que certains de ses membres disaient en état de mort cérébrale s'est tirée de son long sommeil au point de susciter la sympathie d’autres pays désireux de la rejoindre et les appréhensions de son ennemi traditionnel russe. Poussé à bout, celui-ci a réagi vigoureusement, estimant sans doute qu'entre eux, les loups ne se mangent pas. Et, d’ailleurs, quand elles sont allées guerroyer en Irak, en Libye, en Afghanistan et au Yémen, au nom de la défense des valeurs démocratiques, les puissances occidentales n'ont vu la Russie s'opposer que verbalement. 

La situation est tout autre en Ukraine ou au contraire, de façon assez claire et selon diverses sources, l'Otan combat aux côtés de Kiev avec armes, hommes et moyens logistiques. Quel signal cet état de fait envoie-t-il aux autres pays non membres de l’alliance atlantique ? Qu'il faut se presser de la rejoindre si l’on veut être en sécurité devant la menace que constituerait l’héritière de l’ex-Union soviétique. Voilà que la Suède et la Finlande, États neutres depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,  vont désormais rallier l'Otan.

Dans le même temps, peut-être, que se construit en silence, mais avec une certaine conviction, un autre bloc d’influence autour de pays qui pour plusieurs raisons ne peuvent demander à intégrer l'alliance militaire pilotée par Washington. La Russie, bien sûr, mais aussi l'Inde et la Chine pour ne citer que ces trois pays qui forment avec le Brésil et l'Afrique du Sud, le fameux club émergent du BRICS. En termes de bouches à nourrir, ces cinq nations pèsent énormément dans la mathématique démographique du monde.

Posons-nous deux dernières petites questions pour ne pas conclure: au fond, la grande guerre à laquelle l’humanité tout entière, déjà confrontée aux défis climatiques, s’exposera les prochaines décennies ne sera-t-elle pas essentiellement économique ? Quand ce moment arrivera, les frontières de nos pays cernées par des tanks et des missiles hypersoniques ne seront-elles pas purement et simplement attaquées par des cohortes de  populations affamées à la recherche de quoi assurer leur existence? Pensons-y !

Gankama N’Siah

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