Attaque djihadiste au Nigéria : l’ONU craint « de graves » conséquences sur l'insécurité alimentaire

Lundi 30 Novembre 2020 - 13:55

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Selon un bilan des Nations unies, au moins cent-dix civils ont été froidement tués, le 28 novembre, par les Djihadistes au nord-est du Nigéria, alors qu'ils travaillaient dans leurs champs.

Le massacre s’est déroulé le jour des élections locales dans l’Etat de Borno, les premières organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009. Depuis lors, on dénombre plus de trente-six mille tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leurs foyers.

« Le 28 novembre, en début d'après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe », a déclaré dimanche le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon.

« Au moins cent-dix civils ont été froidement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque », a-t-il ajouté, dans ce qu'il a qualifié de « plus violente attaque contre des civils innocents cette année ».

Dans son communiqué, l’ONU n’a pas mentionné le groupe djihadiste Boko Haram, ni sa faction dissidente, le groupe Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), qui multiplient les violences dans cette région et contrôlent une partie du territoire nigérian.

Depuis plusieurs mois, les autorités encouragent les personnes déplacées à retourner dans leurs villages, affirmant qu'il n'est plus possible financièrement de les prendre en charge dans des camps protégés par l'armée et où ils vivent de distributions alimentaires. 

Les quelque deux millions de déplacés, à cause du conflit, n’ont plus accès à leurs champs et dépendent presque entièrement de l'aide humanitaire pour survivre, cependant, un nombre d'entre eux ont regagné leurs localités, dans des opérations de relogement organisées par l'Etat de Borno. 

Ces communautés rurales sont « confrontées à des épreuves indicibles. Les aider à cultiver des terres et à reconstruire leurs moyens de subsistance constitue le seul moyen d'éviter une crise alimentaire imminente dans l'État de Borno », a mis en garde l'ONU. 

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a également réagi. Il s’est dit « profondément choqué par cette nouvelle autre horrible attaque ciblant des civils innocents dans le nord-est du Nigeria ». 

Le conflit qui dure depuis plus de dix ans a créé une crise humanitaire dramatique, récemment aggravée par de mauvaises récoltes et les restrictions liées au coronavirus. 

Environ 4,3 millions de personnes ont été victimes d’insécurité alimentaire en juin 2020, durant la période de soudure. L'ONU prévoit que ce chiffre augmente de 20%, l'année prochaine, à la même saison. 

Les agriculteurs, pêcheurs ou bûcherons sont régulièrement pris pour cibles par les djihadistes, qui les accusent de transmettre des informations à l’armée ou de ne pas payer « l’impôt djihadiste », obligatoire pour exercer une activité économique dans certaines zones de Borno. 

Yvette Reine Nzaba

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