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Quand la terminologie familiale s’introduit dans l’administration !

Samedi 2 Septembre 2023 - 20:06

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L'introduction de plus en plus remarquée du jargon familier courant dans les administrations publiques et privées ne va pas sans lourdes conséquences, car elle affaiblit l’application de certains textes administratifs quand il s’est agi d’une part de la prise de certaines sanctions disciplinaires ou d’autre part de rendre des services à ceux-là qui en ont besoin et qui arriveraient les premiers dans vos services.

Et pourtant la Constitution congolaise de 2015 est suffisamment claire sur cette question en instituant  le français comme langue officielle de l’administration puis le lingala et le kituba comme les deux langues nationales véhiculaires. Alors que constatons-nous ces derniers temps dans des administrations ? Réponse : un usage inouï et abusif de cette terminologie familiale courante, notamment tonton, tantine, nocko, moto na nga, mwana mère, ndéko, famille et autres. Ces termes qui s’infiltrent de plus en plus dans nos administrations produisent des effets parfois regrettables tout en occasionnant un fonctionnement au rabais de l’administration.

 Quand ces termes sont employés dans des hôpitaux, banques, mairies, police, gendarmerie, écoles, universités et dans d’autres services d’utilité publique, l’ordre d’arrivée n’est plus respecté et cela peut aussi occasionner un désordre ou une magouille. Ces termes créent une parenté sociale spontanée.

Le langage administratif ne devrait pas être celui des quartiers populaires du genre. Ce langage familier courant des quartiers populaires crée une espèce de « népotisme atypique et vulgaire ». D’où le fonctionnement au rabais de l’administration. Cette familiarité sociale calculée dans des administrations est un vrai frein, elle fait baisser les rendements sur tous les plans. Encore que dans certaines structures de répression officielle, tous les textes souffrent d’une certaine « anomie sociale » comme disent les spécialistes des sciences humaines et sociales.

Arrêtons cette façon de faire, car elle tue l’administration.

 

Faustin Akono

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Édition Quotidienne (DB)

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