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S’il fallait une preuve …

Samedi 23 Juillet 2022 - 18:20

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Oui, convenons-en, s’il fallait une preuve que l’Afrique en général et le Bassin du Congo en particulier deviennent ou redeviennent des partenaires essentiels pour les grandes puissances du Globe, le séjour que vient d’effectuer à Oyo le puissant ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, est là pour l’apporter. Même si l’on ne sait pas tout ce que se sont dit le président Denis Sassou N’Guesso et lui lors des entretiens qu’ils ont eus sur les berges de la rivière Alima, on peut tenir pour certain que le message transmis par le président Vladimir Poutine à la plus haute autorité du Congo par le canal d’un de ses fidèles collaborateurs visait à resserrer les liens aujourd’hui quelque peu distendus qui avaient uni pendant des décennies Moscou et Brazzaville.

 

Etant en relation constante avec l’ambassade de la Fédération de Russie comme avec les représentations diplomatiques des autres grandes puissances en poste au Congo, nous sommes bien placés pour dire que tous les « Grands » du monde pour le moins instable dans lequel nous vivons aujourd’hui font à juste titre de cette partie du continent africain l’une de leurs cibles diplomatiques prioritaires. Un objectif qui n’a pas cessé de se préciser tout au long des dernières décennies, mais que le conflit meurtrier opposant aujourd’hui la Russie et l’Ukraine  en Europe de l’Est a amplifié ces derniers mois au point de faire des capitales africaines un enjeu diplomatique, économique, stratégique majeur pour le Kremlin comme pour la Maison Blanche ou le palais présidentiel de Beijing.

 

Qu’il nous soit donc permis d’écrire ici même, au risque de nous attirer de sévères répliques de la part de l’un ou l’autre des camps qui s’affrontent à fleurets de moins en moins mouchetés sur la scène africaine, d’écrire donc que les Africains ont aujourd’hui tout à gagner en préservant, d’une part,  leur indépendance face aux Grands de ce temps et en s’affirmant, d’autre part, comme des acteurs de la scène internationale que l’on ne peut ni manipuler, ni utiliser dans la nouvelle « guerre froide » qui se dessine. Détenant les plus grandes richesses naturelles de la planète, disposant d’une jeunesse bien décidée à tirer profit des progrès économiques en cours, s’imposant à l‘échelle planétaire comme le principal acteur de la lutte pour la protection de la nature et donc contre le dérèglement climatique, l’Afrique en général et surtout l’immense Bassin du Congo sont désormais des acteurs incontournables de la scène mondiale. Mieux vaut en tirer les conséquences comme le font tout particulièrement aujourd’hui la Chine et la Russie et comme se décident visiblement à le faire les Etats-Unis et l’Union européenne.

 

Qu’il  nous soit permis, en conclusion très provisoire de cette Réflexion, de dire que si l’Afrique veut tirer le plus grand bénéfice de cette équation très stratégique elle ferait bien, d’abord, de mieux s’organiser dans le cadre de son Union, ensuite de jouer à fond la carte maîtresse de l’intégration économique qui donnera aux institutions sous-régionales existantes une puissance bien réelle dans le cadre très instable de la gouvernance mondiale. Faire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale l’un de ces pivots ne peut en effet que générer de grandes avancées sur le plan économique, financier, social. Mais aussi stratégique, en mettant en place les systèmes de prévention et de gestion des crises qui protègeront ses peuples.

 

Simple question de bon sens n’est-il pas vrai ?

 

 

 

 

 

 

Jean-Paul Pigasse

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Édition Quotidienne (DB)

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