Tentative d’infiltration du camp militaire Tshatshi : le gouvernement appelé à éclairer l’opinion publique

Mercredi 30 Juillet 2014 - 17:18

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Pour la Voix des sans-voix pour les droits de l’Homme (VSV), la récurrence des attaques des sites stratégiques du pays suscite des interrogations sur leurs auteurs et complices qui n’ont manifestement aucune considération vis-à-vis de la population dont on ne peut impunément troubler  la quiétude et mettre régulièrement la sécurité en danger.

Le point de presse tenu, le 30 juillet, dans la salle Fidèle Bazana au siège de la VSV a permis à cette ONG de manifester ses inquiétudes et sa crainte face à la récurrence des attaques de certains sites stratégiques de la République. « Notre conférence de presse constitue une sonnette d’alarme parce que le 30 décembre 2013, c’était des attaques contre la Radiotélévision nationale congolaise et d’autres sites à travers le territoire national et, le 22 juillet, c’est le camp colonel Tshatshi qui est attaqué », a expliqué le directeur exécutif de la VSV, Dolly Ibefo.

À en croire le communiqué lu par le premier directeur exécutif adjoint de cette ONG, Rostin Manketa Nkuahata, « les craintes et inquiétudes de la VSV sont d’autant plus grandes que les morts et blessés graves ne sont pas seulement enregistrés du côté des assaillants mais également du coté de l’armée ainsi que du côté des paisibles citoyens, violant ainsi le droit à la vie, à l’intégrité physique et à la sécurité reconnu à toute personne humaine ». « Il y a beaucoup de préoccupations humanitaires », a expliqué Rostin Manketa.

Des hypothèses en l’absence de la vraie information

La VSV a noté qu’il y a beaucoup d’hypothèses qui sont émises, comme il en a toujours été le cas, en l’absence de la vraie information. Pendant que les uns parlent, selon cette association, d’une mise en scène des autorités en vue de dissuader quiconque s’aventurait à s’attaquer aux institutions de la République, les autres évoquent des montages visant à distraire l’opinion et de tourner son  attention vers des objectifs qui sont loin de la gestion du pays, d’autres encore voient à ces actes des vraies attaques des personnes cherchant à déstabiliser le pays.

Mais, pour l’ONG, qui a émis des doutes sur toutes les versions qui courent les rues, le gouvernement devra faire diligenter une enquête réellement indépendante afin de faire la lumière sur cette affaire, en vue d’en établir les responsabilités et de sanctionner les auteurs et commanditaires. La VSV a également plaidé pour le respect du droit de la population à l’information surtout lorsqu’une situation grave menace la vie et la sécurité des personnes pour le cas échéant rendre publiques les identités des assaillants et leurs motivations. L’ONG a également recommandé au gouvernement, de prendre les dispositions utiles visant à mettre un terme à la récurrence des attaques et autres infiltrations des sites stratégiques du pays, en délocalisant les camps militaires et casernes loin des quartiers populaires ainsi que la réparation des préjudices subis par les victimes militaires et autres paisibles citoyens et/ou leurs proches.

Par ailleurs, la VSV motive ses doutes par la manière d’opérer des dits assaillants (leur nombre et des armes qu’ils possédaient). « Qu’il s’agisse d’un montage ou d’une attaque réelle, il y a eu mort d’homes et extorsion de biens ainsi que des atteintes aux droits de la personne humaine et à la circulation des personnes et des leurs biens. Cela nous préoccupent entant que défenseurs des droits de l’Homme », a expliqué le premier directeur exécutif adjoint de la VSV, qui a promis de continuer à « creuser » afin d’obtenir des informations permettant à cette ONG de constituer sa version des faits.

Rostin Manketa et Laurette Misenga, de la VSV/Photo Adiac.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Rostin Manketa et Laurette Misenga, de la VSV/Photo Adiac