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Centrafrique: des progrès?

Samedi 19 Décembre 2020 - 18:30

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L’élection présidentielle ainsi que les élections législatives prévues le 27 décembre en République centrafricaine se dérouleront dans un climat sécuritaire tendu. Le 15 décembre dernier, le procureur général dressait sur la chaîne de la télévision publique du pays une liste des entraves à la liberté de battre campagne aux quatre coins de la Centrafrique imputables aux groupes armés réfractaires aux accords de paix conclus avec le gouvernement.

Avec forces détails, Éric Didier Tambo énumérait les actes de braquage subis par plusieurs candidats à la députation avertissant fermement que leurs auteurs ne resteront pas impunis. Dans la situation actuelle de ce pays où de source informée les deux-tiers du territoire national échappent au contrôle des autorités de Bangui, ces avertissements du procureur général peuvent avoir un retentissement plus symbolique que tangible.   

Il est pourtant une évolution qui mérite d’être soulignée. Presque à la même date du 15 décembre, dans un communiqué, l’ancien président centrafricain, François Bozizé, déclarait se conformer désormais à la décision de la Cour constitutionnelle d’invalider sa candidature au scrutin présidentiel prochain. Lorsqu’il avait été mis au courant de cet arrêt quelques jours auparavant, l’homme qui dirigea la Centrafrique pendant dix ans avant qu’une rébellion menée par l’autre ancien président, Michel Djotodia, l’évince en 2013, était en colère.

A Bangui, les observateurs avaient craint que l’ex-général, qui connait assez bien l’appareil militaire centrafricain pour l’avoir commandé comme chef d’état-major général et dont le fils, Jean-Francis Bozizé, a lui aussi dirigé les Forces armées du pays en qualité de ministre délégué à la Défense, ne soit tenté par le maquis. Une telle perspective aurait replongé la Centrafrique dans une grande incertitude.

La prise de position publique de François Bozizé rappelée plus haut est un signe encourageant pour la paix. Avant lui, Michel Djotodia avait agi dans le même sens. Sachant par avance que la loi électorale l’exclurait d’office de la compétition pour incompatibilité (défaut de séjour prolongé au pays), il s’était abstenu de solliciter un quelconque mandat électif dans la conjoncture actuelle.

Par-delà les appréhensions que justifie le contexte difficile dans lequel les Centrafricains sont appelés aux urnes, le futur président de Centrafrique, s’il veut mener à bien son projet de société, devra œuvrer sans relâche à la réconciliation nationale. Tous les enfants du pays de Barthélemy Boganda, le père de l’indépendance, appellent de leurs vœux cette ère de concorde et croient son avènement possible malgré les violences qui se poursuivent.

Aux candidats et leurs alliés de savoir prendre les décisions qui vont dans le sens de l’apaisement. Les Centrafricains ont en effet pendant trop longtemps payé de leurs vies les querelles interminables de leur personnel politique.

Gankama N'Siah

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