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Les défaites électorales

Samedi 6 Août 2022 - 18:45

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La semaine écoulée a été marquée par la proclamation des résultats du second tour des élections législatives et locales. Elle a mis un terme à toutes les incertitudes possibles que la double compétition avait pu créer chez les candidats, leurs formations politiques, leurs partisans et même les citoyens ordinaires. Elle a renvoyé à cinq années plus tard le renouvèlement des sièges des députés à l’Assemblée nationale et aux conseils municipaux et départementaux.

Pour célébrer la victoire de leurs leaders, certains de leurs adeptes ont cru innover en inventant toutes sortes d’artifices dont par exemple la mise en terre fictive des perdants. Pour eux, être battu à une élection serait synonyme de passage dans l’au-delà. Peut-être que ces exhibitions sont l’œuvre, non pas des proches de l’adversaire victorieux, mais d’aigris ayant parfois accompagné le concurrent ou le sortant une bonne partie de sa mandature, mécontents qu’ils pourraient être de ne pas avoir été « servis » comme ils auraient espéré l’être durant l’exercice.

Une chose est sûre, les nouveaux élus portés en triomphe aujourd’hui seront face demain à la même ritournelle du reniement par ceux là-mêmes qui commenceront à les fréquenter assidûment dès maintenant et surtout lorsqu’ils auront revêtu leurs écharpes de député ou de conseiller et commencé à percevoir leurs honoraires. C’est pourquoi, au lieu de focaliser leur attention sur les artifices d’une sourde adversité dans leurs circonscriptions électorales orientée contre les concurrents recalés, les élus devraient plutôt avoir à cœur d’œuvrer à la consolidation de la démocratie par l’animation du débat contradictoire au sein de leurs assemblées respectives.

Ce ne sont pas des sujets d’ordre régalien qui manquent entre le pouvoir législatif qu’ils représentent et le pouvoir exécutif.

Considérant que le mandat de député confèrerait à l’élu le droit d’interdire l’accès des autres compatriotes au territoire qui l’a mandaté, certains représentants nationaux à l’Assemblée nationale avaient en effet passé le clair de leur temps à exercer une pression sur ces derniers, telle qu’ils ne devraient pas jouir du privilège de séjourner dans le coin. Et même d’entreprendre une quelconque activité d’intérêt public, surtout s’ils s’étaient portés candidats contre l’élu ou avaient soutenu son adversaire. On ne saurait envisager l’affermissement de la cohésion nationale en se comportant de la sorte.

Si des exemples de cette nature ne sont pas légion dans notre environnement électoral, il est de bon ton de souligner l’affectivité dont a fait preuve la candidate Jacqueline Lydia Mikolo à Mouyondzi dans la Bouenza. Opposée à Claudine Munari, victorieuse au second tour d’une compétition que l’on disait explosive, elle a rappelé dans une lettre rendue publique aussitôt les résultats connus et reprise par la presse la nécessité pour « les Mouyondziennes et Mouyondziens » de préserver le vivre ensemble dans leur localité. Elle a salué la victoire de sa « Grande sœur » à qui elle a souhaité pleins succès pour son mandat.      

Il est des actes qui façonnent le futur, des défaites et des victoires pour lesquelles la symbolique la plus parlante est ce qu’elles apportent à la communauté.

Gankama N'Siah

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