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Dimanche 31 Janvier 2021 - 20:24

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Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi doit-il peut-être boire un petit lait. Le vote de la motion de censure contre le gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le 27 janvier, est en effet de nature à lui laisser les mains libres pour enfin gouverner son pays avec une large majorité et appliquer son programme. La bataille a duré des semaines, mais a fini par produire ses résultats tant il est vrai qu’elle n’était pas gagnée d’avance.

Dans les jours à venir, le chef de l’Etat choisira qui parmi ses fidèles prendra la tête du prochain gouvernement. On imagine la liste des prétendants longue. Le choix des collaborateurs à ce niveau de responsabilités a toujours été un casse-tête pour un président. A côté de sa volonté de mieux faire se greffent souvent des volontés partisanes ou partenariales qui peuvent se relever tout autant déterminantes que déroutantes. A lui à qui incombe l’arbitrage de savoir ce qu’il veut.

Comme cela s’était passé auparavant, lorsqu’il fut question de renverser le bureau de l’Assemblée nationale à dominante Front commun pour le Congo-FCC-, la déclaration de la nouvelle majorité a donné lieu à un vent d’enthousiasme dans le camp des vainqueurs. Les vaincus ont tout naturellement exprimé leur amertume. Ainsi va la démocratie. C’est à-peu-près ce qu’a compris le Premier ministre sortant. Du haut de son expérience, Ilunga Ilunkamba avait tenté de résister à l’assaut mené contre son fauteuil avant de prendre de la hauteur. Il a choisi de se conformer à la Constitution de son pays et présenté sa démission au président de la République en bonne et due forme.

Le futur remplaçant du Premier ministre du FCC sera investi au nom de l’Union sacrée pour la nation. Il n’est guère de doute à croire que « Front commun » et « Union sacrée » postulent tous pour le bien des Rd-Congolais. Ce qui va les différencier, ce sera la manière d’aborder les questions qui tiennent à cœur la population de ce pays qu’une instabilité de plus de trois décennies (si l’on borne le constat à 1998-début de la guerre de l’Est) a plongé dans une grande incertitude malgré les potentialités de son sous-sol. Sur cet aspect, on peut se rendre à l’évidence que les dénominations des plateformes politiques, alléchantes les unes que les autres, ne prospèrent qu’en fonction du résultat qu’elles produisent.

Combien le prochain gouvernement de RDC comptera-t-il de ministres ? Quel sera sa principale mission à deux ans de la convocation de l’élection présidentielle ? Le président Tshisekedi pourrait-il enfin être épargné par les luttes intestines qui ont émaillé son alliance avec le FCC le contraignant à se séparer de son partenaire ? Dans la tête de ses nouveaux alliés, le calcul visant 2023 (présidentielle) sera-t-il mis de côté pour lui permettre de se pencher sur le quotidien des hommes et des femmes qui lui ont accordé leur confiance il y a deux ans ?

Ce sont autant de questions qui se posent dans le cheminement vers la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale en RDC. Si les ex-alliés du chef de l’Etat acceptent de jouer le jeu de la transition en cours et lui laissent la voie libre pour faire ses preuves, ils ne se prépareront pas moins à la conquête du pouvoir dans les deux prochaines années. Il importe que les uns et les autres envisagent ce futur comme une compétition pacifique où les stratégies de conquête ou de conservation du pouvoir excluent tout recours à la violence.

Gankama N'Siah

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